[Test] – Agent Avenue – Le voisin est peut-être un agent secret…

2 à 4 joueursLaura et Christian Kudahl
8 +Fanny Pastor Berlie
15 minutesNerdlab Games et Iello
Bluff, collection, gestion de main, parcoursIello
28/03/2025 Animaux, espionnage
PVC : 22 €
Vous pouvez le trouver chez  et 
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Dans Agent Avenue, vous avancez sur une piste en posant des cartes par paires, laissant à votre adversaire le choix de votre sort et transformant chaque tour en duel de bluff et de stratégie.

Mode de base
Placez le plateau au centre de la table, côté sans cases Marché Noir. Chaque joueur choisit un pion Espion et le pose sur sa case Maison. Mélangez les cartes Agent et distribuez-en 4 à chaque joueur : c’est leur main de départ. Le reste forme la pioche, à proximité du plateau. Les cartes Marché Noir restent dans la boîte. Le joueur qui a vu un film d’espionnage le plus récemment commence.

Mode avancé
Retournez le plateau sur la face avec les cases Marché Noir. Mélangez les 15 cartes Marché Noir et placez-les en pioche, face cachée, à côté du plateau. Révélez les 3 premières cartes pour constituer le Marché Noir. Chaque joueur prend 4 cartes Agent en main comme dans le mode de base, les pions Espion sont posés sur leur case Maison, et la partie peut démarrer avec ces nouvelles opportunités tactiques.

Variante par équipes
En mode équipe, 3 ou 4 joueurs se répartissent en deux camps. Les coéquipiers s’assoient côte à côte, face à l’équipe adverse. Chaque joueur reçoit 4 cartes Agent, mais il est interdit de montrer ou de décrire ses cartes à son partenaire. Les deux joueurs d’une équipe partagent le même pion Espion, ainsi que toutes les cartes qu’ils recrutent. Le reste s’installe comme dans le mode choisi (base ou avancé).

À son tour, le joueur actif suit toujours trois étapes :

1. Jouer
Il choisit 2 cartes de sa main : une face visible, une face cachée, obligatoirement différentes. Dans le mode équipe, chaque coéquipier joue une carte : l’un visible, l’autre cachée. Option tactique : chaque joueur peut défausser un nombre limité de cartes (jusqu’à 4 en solo, 2 par joueur en équipe) pour piocher à la place.

2. Recruter
L’adversaire choisit l’une des deux cartes pour lui, l’autre revient au joueur actif. Chacun applique alors les effets de son agent en tenant compte du nombre d’exemplaires déjà posés devant lui. Selon la carte, le pion avance, recule ou reste immobile.

  • En mode avancé, si un pion s’arrête exactement sur une case Marché Noir, son propriétaire choisit une carte Marché Noir disponible. Certaines s’activent immédiatement, d’autres offrent des effets permanents pour la suite de la partie.
  • En mode équipe, c’est l’équipe adverse qui choisit ensemble quelle carte sera recrutée. Les coéquipiers partagent le même pion et les mêmes agents en jeu.

3. Terminer le tour
On vérifie si une condition de victoire ou de défaite est remplie :

  • rattraper le pion adverse,
  • posséder 3 Cryptologues (victoire),
  • posséder 3 Risque-tout (défaite).
    Certaines cartes du Marché Noir ajoutent aussi leurs propres conditions spéciales de victoire.

Si rien n’est déclenché, chaque joueur complète sa main à 4 cartes et le tour suivant commence.

La fin de partie

Une partie d’Agent Avenue peut s’achever de plusieurs façons, et c’est là que le jeu prend tout son sel :

  • La course-poursuite classique : si votre pion atteint ou dépasse celui de votre adversaire sur la piste, vous le rattrapez et vous remportez aussitôt la partie.
  • La victoire alternative : poser 3 Cryptologues vous offre une condition de victoire immédiate.
  • La défaite brutale : accumuler 3 Risque-tout vous condamne instantanément à l’échec.
  • Le twist du Marché Noir (mode avancé) : certaines cartes ajoutent leurs propres conditions de fin de partie, qui peuvent surprendre au dernier moment.
  • La main vide : si un joueur ne peut plus jouer faute de cartes en main et de pioche disponible, la partie s’arrête. Celui qui est le plus proche de rattraper son adversaire l’emporte.

Enfin, en cas d’égalité (par exemple si les deux joueurs remplissent une condition en même temps, ou si les deux tombent dans une condition de défaite), c’est toujours le joueur actif qui est déclaré vainqueur.

Légende des Meeples
meeple vert

Simplicité des règles

Agent Avenue repose sur une mécanique hyper claire : deux cartes posées, une visible, une cachée, et c’est l’adversaire qui tranche. En trois pages de règles, tout est expliqué, et la mise en route est quasi immédiate. Le livret est bien structuré : une mise en place rapide, la séquence du tour en trois étapes simples, et les conditions de victoire ou de défaite qui tiennent en quelques lignes. Même les variantes (mode avancé et équipe) sont intégrées sans lourdeur : elles rajoutent des éléments mais ne complexifient pas inutilement le cœur du jeu.

Le vrai intérêt vient du fait que les cartes n’ont pas un effet unique et figé : elles se déclinent selon le nombre d’exemplaires en jeu. Cela demande une petite gymnastique de lecture au départ, mais ça reste lisible et logique. Les rappels en fin de livret sont d’ailleurs utiles pour éviter les doutes. On n’est pas dans un jeu qui noie les joueurs sous les cas particuliers : tout tourne autour de la même boucle, et c’est la combinaison des agents qui crée la variété.

Résultat : les règles s’apprennent en 5 minutes et s’expliquent encore plus vite. Le jeu est accessible à des joueurs occasionnels, tout en laissant de la place à des dilemmes tactiques assez costauds pour accrocher des joueurs plus aguerris.

Retrouvez les règles du jeu : https://undecent.fr/banque-de-livrets-de-regles/

Matériel et design

Agent Avenue arrive dans une boîte compacte, mais avec tout ce qu’il faut pour installer une ambiance. Le plateau, recto verso, est clair et lisible : une face simple pour le mode de base, une face enrichie pour le Marché Noir. Les pions Espion sont de jolis meeples colorés qui se repèrent immédiatement sur la piste. Les cartes Agent, elles, forment le cœur du jeu : une trentaine de personnages dessinés avec le style reconnaissable de Fanny Pastor-Berlie. Le choix graphique est assumé : un quartier résidentiel animalier complètement déjanté, où chaque voisin se transforme en espion improbable. Ça donne une identité forte, loin du cliché du polar sombre.

Ergonomiquement, ça fonctionne bien : les symboles des effets sont clairs, et la logique du “1 / 2 / 3+ exemplaires” est intégrée dans la mise en page des cartes. Le livret de règles est aéré et illustré, ce qui renforce la facilité d’apprentissage. Bref, c’est un matériel qui ne cherche pas à en mettre plein la vue, mais qui équilibre lisibilité et identité visuelle avec efficacité.

Liste du matériel :

  • 53 cartes
  • 1 plateau recto verso
  • 2 aides de jeu
  • 2 pions espion
  • 1 livret de règles

meeple vert

Mécanique

Le moteur d’Agent Avenue est simple mais redoutable : proposer deux cartes à son adversaire, qui choisira celle qu’il recrute, et récupérer l’autre pour soi. Toute la tension naît de ce double choix : ce que vous osez mettre sur la table, et ce que votre voisin va décider de vous laisser. Contrairement à Love Letter, qui tourne autour d’un seul choix par tour, ici vous jonglez entre ce que vous révélez et ce que vous cachez. On n’est plus seulement dans la déduction, mais dans le bluff contrôlé.

L’autre axe mécanique, c’est la gestion des ensembles d’agents. Chaque carte a un effet variable selon que vous la possédez en un, deux ou trois exemplaires. Exemple : l’Agent Double vous fait d’abord reculer, puis avancer de six cases si vous en avez deux, mais retomber dans le négatif si vous en accumulez trop. C’est cette logique de “dosage” qui pimente le jeu : parfois il faut prendre un risque pour enclencher un gros bond en avant, mais au prix d’une vulnérabilité future.

Le plateau n’est pas qu’un décor : il matérialise la course-poursuite, avec la possibilité de rattraper l’adversaire, mais aussi d’accéder à des cartes spéciales en mode avancé. Le Marché Noir ajoute un côté pouvoirs asymétriques temporaires ou permanents, qui bousculent le tempo et offrent de nouveaux leviers stratégiques.

Enfin, la variante par équipes renouvelle les sensations. Ne pas pouvoir communiquer librement avec son coéquipier crée une frustration volontaire, mais aussi des coups d’éclat inattendus. Le partage d’un même pion et d’une zone commune oblige à une vraie coordination implicite.

Bref, la mécanique ne révolutionne pas le genre, mais elle réussit à mixer accessibilité immédiate et dilemmes tactiques costauds, avec une montée en tension rapide.

Thème

Agent Avenue joue la carte du décalage : un quartier tranquille où chaque voisin cache en fait une double vie d’espion. Le choix de représenter des animaux anthropomorphes renforce l’aspect parodique et accessible, très loin des univers sombres et réalistes habituellement associés à l’espionnage. Ici, on est plus proche d’un dessin animé satirique que d’un film de James Bond. Ce ton léger colle bien au cœur du jeu : un duel de bluff permanent, où l’on se soupçonne, où chaque sourire peut cacher une manigance.

Le thème n’est pas plaqué : chaque agent a une identité et un effet qui évoque son rôle, et la course sur la piste traduit bien l’idée de filature. On sent que l’univers sert à rendre la mécanique moins abstraite, en lui donnant un décor vivant et coloré. C’est efficace pour embarquer des joueurs qui ne seraient pas forcément attirés par un simple jeu de cartes de confrontation.

Rangement

Agent Avenue reste dans le format des petits jeux de cartes : tout tient facilement dans la boîte, plateau compris. On a droit à quelques sachets plastiques pour trier les cartes Agent et les cartes Marché Noir, rien de plus. Pas d’insert élaboré ni de rangement pensé sur mesure, mais ce n’est pas gênant vu la quantité de matériel. Le plateau plié se cale bien, les pions Espion ne se perdent pas, et on retrouve tout rapidement pour relancer une partie. Bref, c’est du classique, efficace, sans fioriture.

Verdict ?

Ce que j’ai ❤️

  • la mécanique du double choix force à réfléchir en permanence, pas seulement à ce que l’on joue mais aussi à ce que l’autre va décider de nous laisser. Cela crée une profondeur tactique bien plus forte qu’il n’y paraît.
  • les effets qui changent selon le nombre d’exemplaires en jeu introduisent un dosage subtil entre opportunité et risque. C’est ce système qui fait la vraie richesse du jeu.
  • le Marché Noir apporte du renouvellement et des coups d’éclat imprévisibles, tandis que la variante en équipe installe une dynamique collective originale, qui renouvelle la confrontation.

Ce que j’ai 💔

  • si le principe plaît, le jeu s’installe facilement dans la durée. Si on n’accroche pas au bluff ou aux retournements rapides, on risque de tourner en rond.

Conclusion

Agent Avenue réussit un pari pas si évident : proposer un jeu de bluff et de confrontation directe qui reste léger, accessible et coloré. Derrière ses airs de petit jeu familial, il cache une mécanique fine où chaque décision compte : proposer deux cartes, en cacher une, laisser l’autre à son adversaire, c’est accepter d’être pris à son propre piège autant que d’essayer de manipuler l’autre. Cette boucle simple mais tendue fonctionne à merveille et rappelle un peu Love Letter, tout en ajoutant une couche de dilemme supplémentaire.

Le matériel, sans être luxueux, est parfaitement adapté, et l’univers d’animaux espions loufoques donne une identité forte au jeu. Les variantes (Marché Noir et mode équipe) prolongent l’expérience sans la dénaturer, ce qui en fait un petit jeu étonnamment modulable. Bien sûr, le hasard de la pioche peut déséquilibrer certaines parties et la durée est parfois imprévisible, mais c’est aussi ce qui fait le sel de ce type de duel nerveux : chaque partie raconte une micro-histoire différente.

En définitive, Agent Avenue n’est pas qu’un simple filler. C’est un duel tendu, où bluff, prise de risque et lecture de l’autre s’entremêlent en permanence. Un jeu qui séduira ceux qui aiment les confrontations directes, rapides et rejouables, et qui peut aussi servir de tremplin idéal pour initier de nouveaux joueurs aux mécaniques de bluff et de combo.

C’est un coup de cœur Undécent. Depuis que la boîte est à la maison, Agent Avenue ressort presque tous les jours ! Sa simplicité, son rythme nerveux et son côté malin en font un incontournable des soirées rapides où l’on veut autant se taquiner que se défier.

Le jeu présenté ici nous été gracieusement envoyé par l’éditeur. Mais comme aucun dessous de table n’a été observé, cet article sera aussi bien baigné d’une objective bienveillance comme il pourra se révéler plus acerbe.

Hello asso

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D’autres avis sur l’extension Agent avenue :

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2 réponses

  1. Rémi dit :

    C’est un de mes coup de cœur de l’année!

  2. Ludtche dit :

    Jeu arrivé depuis peu dans ma ludothèque, et il ne faut pas s’en cacher : on ne compte plus le nombre de parties.
    On alterne entre jeu de base et variante « Marché noir »…
    Bref : excellent !

    Ludiquement.
    Ludtche
    http://www.facilyjeux.com

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