[Test] – Aerion –  Les cieux de l’Onivers vous appellent.

1 à 2 joueursShadi Torbey
10 +Elise Plessis
15 à 30 minutesInPatience Games
défausse, jet de dés, collectionIello
26/08/2022 Onirique, aviation, fantastique
PVC : 20,90 €
Vous pouvez le trouver chez et
dans

Dans Aerion, vous incarnez un Aermateur, un de ces ingénieurs rêveurs capables de construire des vaisseaux volants à partir de songes, de plans oubliés et de matériaux rares. Votre objectif ? Assembler la plus belle flotte aérienne jamais conçue, en jonglant avec des ressources précieuses, des décisions tendues… et une bonne dose de hasard dompté.

 Avant de commencer, placez les 6 jetons Vaisseau face « En projet », prenez les 6 dés et les 3 jetons Fée. Triez les 48 cartes Ressource de base en 6 paquets selon le dos des cartes, mélangez chaque paquet, puis retournez la première carte de chacun pour former l’étalage, une ligne de 6 cartes disponibles. En dessous, prévoyez un espace pour deux ateliers (où vous assemblerez vos vaisseaux), un pupitre (pour les grimoires), et une réserve (pour stocker des cartes en attente). Vous êtes prêt à faire chauffer les moteurs.

Chaque tour suit trois phases : Lancer, Acquisition, Approvisionnement. D’abord, vous lancez les 6 dés pour tenter de réaliser une combinaison (paire, brelan, suite…) correspondant à l’une des cartes de l’étalage. Pas satisfait ? Vous pouvez relancer, mais en sacrifiant une carte visible de l’étalage à chaque relance. Si vous obtenez la bonne combinaison, vous récupérez une carte : une carte Élément (Plan, Matériau ou Équipage) ira dans un atelier, ou en réserve si elle ne peut pas être posée. Une carte Grimoire va sur le pupitre, et pourra être utilisée plus tard pour déclencher des effets utiles. Dès que vous réunissez un trio Plan + Matériau + Équipage compatibles dans un atelier, le vaisseau est terminé : retournez son jeton, et videz l’atelier.

La fin de partie

Vous gagnez dès que les 6 vaisseaux ont été construits et que leurs jetons sont retournés face « En vol ». En revanche, si tous les paquets sont épuisés et que l’étalage est vide avant d’avoir terminé, la partie est perdue. À vous d’optimiser vos lancers, d’utiliser les grimoires avec flair, et de bien gérer vos jetons Fée pour faire décoller votre flotte avant que le ciel ne vous tombe sur la tête.

Légende des Meeples
meeple vert

Simplicité des règles

Aerion demande une premiere partie de prise en main. Le tour de jeu : on lance les dés, on récupère une carte, on tente de construire un vaisseau. Les effets des grimoires, des fées et des zones de jeu sont clairs et logiques. Pas de texte à lire sur les cartes, pas d’exception tordue à retenir. Pourtant, sous cette apparente simplicité se cache un vrai jeu de décisions. Chaque relance a un coût, les cartes acquisent peuvent bloquer ou accélérer votre progression, et les extensions viennent ajouter des couches de réflexion sans alourdir les règles de base. Accessible, oui, mais jamais trivial.

Retrouvez les règles du jeu : https://undecent.fr/banque-de-livrets-de-regles/

Matériel et design

Comme souvent dans les jeux de l’Onivers, le matériel respire le soin et la cohérence. Les illustrations d’Élise Plessis plongent immédiatement dans un monde onirique, plein de douceur et d’étrangeté. Les cartes sont lisibles, les icônes claires, les dés agréables à manipuler, et les petits jetons en carton bien épais. Rien de clinquant, mais tout est pensé pour servir le thème sans surcharge. Mention spéciale aux illustrations des vaisseaux, qui donnent vraiment envie de les voir prendre leur envol. C’est poétique sans être kitsch, et fonctionnel sans être froid.

Liste du matériel :

  • 133 cartes
  • 6 dés
  • 16 jetons
  • 1 figurine Cerf-Violent
  • 1 livret de règles

meeple vert

Mécanique

Des dés… mais du contrôle
Aerion repose sur un moteur central de lancés de dés avec relances possibles, mais jamais gratuites : chaque relance vous coûte une carte de l’étalage. Et comme toutes les ressources sont limitées, chaque choix a du poids. Les combinaisons à obtenir (paires, suites, carrés…) rappellent un peu le poker de dés, mais le jeu offre plusieurs leviers pour ne pas subir le hasard, comme les jetons Fée qui modifient les dés, ou les Grimoires qui offrent des effets contextuels bien utiles.

Une logique d’assemblage précise
Construire un vaisseau demande trois cartes bien précises : un plan, un matériau et un équipage compatibles entre eux. Ces éléments doivent être placés dans un atelier selon une logique stricte (l’équipage toujours en dernier), ce qui ajoute une couche de planification : il ne suffit pas d’avoir les bonnes cartes, encore faut-il les poser dans le bon ordre et au bon moment.

Une gestion de main indirecte
Pas de main de cartes dans Aerion, mais une forme de gestion indirecte via la réserve (où on peut stocker des éléments en attente), les ateliers (où on assemble les vaisseaux) et le pupitre (qui ne peut contenir qu’un seul grimoire à la fois, sauf pouvoirs spéciaux). Il faut jongler entre ces zones et anticiper leurs interactions pour ne pas se retrouver bloqué.

Une difficulté modulable et des modules variés
Le jeu de base se suffit à lui-même, mais les six extensions incluses permettent d’ajouter de nouveaux défis et de renouveler l’expérience : événements imprévus, restrictions, pouvoirs spéciaux, nouveaux objectifs… Chaque module change légèrement la manière d’aborder le jeu sans jamais casser son rythme ni sa logique.

Thème

Soyons clairs : le thème d’Aerion, aussi poétique soit-il, reste plaqué sur des mécaniques abstraites. On nous parle de vaisseaux, de songes, de fées et de grimoires… mais en jeu, on lance des dés pour faire des combinaisons et collecter des cartes aux icônes colorées. Il n’y a pas d’immersion forte, pas d’histoire qui se construit, pas de lien direct entre ce qu’on fait et ce que le thème suggère. C’est joli, c’est cohérent dans l’univers de l’Onivers, mais ça reste de l’habillage. Heureusement, cet habillage est suffisamment soigné pour ne pas gêner, et peut même séduire ceux qui aiment rêver un peu en jouant… à condition de ne pas chercher une vraie narration mécanique.

Rangement

Aerion fait partie de ces jeux qui respectent votre temps. La mise en place est rapide : six piles à former, quelques jetons à poser, et c’est parti. Le rangement est tout aussi simple : chaque type de carte a son paquet bien identifiable (grâce au dos), et la boîte accueille les extensions sans souci. Même avec tous les modules mélangés, on ne se retrouve pas avec un capharnaüm ingérable. C’est sobre, fonctionnel.

Verdict ?

Ce que j’ai ❤️

  1. Univers visuel et mécanique cohérent, immersif à sa manière
  2. Rejouabilité excellente grâce aux 6 modules inclus, chacun apportant un twist différent
  3. Très bon équilibre entre hasard et contrôle (jetons Fée, Grimoires, réserve…)
  4. Solo soigné et prenant, avec une version à deux bien pensée et non gadget

Ce que j’ai 💔

  • Thème évocateur mais peu incarné : pas de narration, pas de progression scénarisée
  • Peut paraître répétitif sur plusieurs parties sans modules
  • L’aléatoire peut frustrer sur certains tours, surtout en fin de partie tendue
  • L’iconographie des cartes pourrait être plus intuitive à la première lecture

Conclusion

 Aerion, c’est le genre de jeu qui ne fait pas de bruit, mais qui s’installe tranquillement dans la tête. Il ne cherche pas à en mettre plein la vue, ni à vous submerger de choix complexes ou de mécaniques alambiquées. Il vous propose plutôt un défi calme, tendu, presque méditatif, où chaque lancer de dés peut être un coup de génie ou une impasse. Et c’est là sa force : sous ses airs doux et poétiques, il oblige à faire des choix difficiles, à anticiper, à accepter de perdre une bonne carte pour tenter d’en gagner une meilleure. C’est un jeu de sacrifice, d’optimisation, de tension masquée derrière une esthétique cotonneuse.

La vraie richesse d’Aerion, c’est aussi sa rejouabilité. Les six modules inclus ne sont pas de simples gadgets : ils modifient la structure du jeu, bousculent les habitudes, introduisent de nouvelles contraintes ou mécaniques qui forcent à s’adapter. Et comme on peut les combiner à volonté, il y a vraiment de quoi explorer. Aerion devient alors une sorte de laboratoire ludique où chaque partie est un nouveau casse-tête à résoudre.

Alors oui, ce n’est pas un jeu pour tout le monde. Si vous cherchez du narratif, du spectaculaire, ou une interaction forte à deux, passez votre chemin. Mais si vous aimez les jeux de dés bien ficelés, les univers un peu à part, et les sensations de progression discrète mais gratifiante, Aerion vaut clairement le détour. Il ne crie pas… mais il vole.

Le jeu présenté ici nous été gracieusement envoyé par l’éditeur. Mais comme aucun dessous de table n’a été observé, cet article sera aussi bien baigné d’une objective bienveillance comme il pourra se révéler plus acerbe.

Hello asso

Si vous avez aimé cet article, vous pouvez soutenir Undécent en effectuant un don à cette adresse :

Vous pouvez aussi souscrire un abonnement premium. Cet abonnement donne accès au discord d’Undécent pour discuter avec l’équipe, à l’inscription automatique à tous les concours ; il double les chances de gagner lors d’un concours publique, donne accès à des concours exclusifs, donne la possibilité de rencontrer l’équipe en privé lors de festivals.

Votre soutien nous aidera beaucoup, à nous déplacer dans les événements, à payer l’hébergement du site etc… cela nous permettra de proposer encore plus de contenu et de meilleure qualité.

En plus c’est déductible des impôts !

Si vous voulez devenir membre de l’association, vous pouvez adhérer ici :

Un énorme merci à tous les membres et donateurs pour leur contribution, vous êtes géniaux !

D’autres avis sur l’extension Aerion :

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire