[Test] Bellum Magica : un dé maléfique pour recruter et piller

2 à 5 seigneurs maléfiquesFrédéric Guérard
10 ans et + Sylvain Aublin
30 minutes à 2 joueurs
(+ 15mn par joueur supplémentaire)
Blue Orange
Tableau building, dés, cartes, recrutement, stop ou encoreMédiéval, fantastique, combat
26€90 chez Tsuro et dans
Bellum Magica

Qu’est-ce qu’on fait dans Bellum Magica?

It’s a Wonderful World, Meeple Land, Clash of Rage, Grandbois et en ce moment It’s a Wonderful Kingdom en financement participatif (financé en 20 minutes => le lien içi), et j’en passe ? Ça fait déjà une belle carte de visite pour son auteur Frédéric Guérard (=> son interview en avril 2020 sur undécent.fr.).
Lorsqu’on a appris chez Undécent fin 2020 la sortie de Bellum Magica chez Blue Orange et qu’on avait découvert avec parcimonie les premiers visuels accrocheurs signés Sylvain Aublin, on était impatient de le tester et de vous dire ce qu’il avait dans le ventre. Et nous n’avons pas été déçu : un jeu coloré, pas cher, magnifiquement illustré, fourni en matériel (un gros dé qui sera au cœur de la mécanique de jeu, beaucoup de cartes bien épaisses, 6 beaux plateaux joueurs représentant les Seigneurs Maléfiques, des jetons en carton épais vernis sympas et des ressources en bois toutes mimi, et des inserts ultra pratiques qui servent durant la partie), le tout pour servir une mécanique de tableau building très efficace. Bon stop ! Engine building, bag building, deck building. Et maintenant tableau building ? C’est pas la crise dans le secteur de la construction à ce que je vois. Alors késako cette mécanique de construction de tableau ? Rien d’artistique, c’est simple : construire petit à petit un château résistant à tout – et qui sera la base de vos raids futurs -, en achetant des cartes et en les glissant sous son plateau de jeu, afin d’en cumuler les effets. Simple, efficace.

Cachons-nous, attendons la nuit, rampons et allons y voir d’un peu plus prêt. Bon je prends tout de même ma lampe frontale et mon opinel au cas.

Récolter, grossir son armée, attaquer, amasser les trésors pour devenir un seigneur vraiment maléfique …. ça, ça me plait !

Dans Bellum Magica, chaque joueur incarne un seigneur maléfique. Recrutez des créatures, allant du simple gobelin à de terrifiants dragons, et assignez-leur une tâche dans votre royaume : les uns iront récolter des ressources et explorer les alentours, tandis que les autres rejoindront votre armée afin d’attaquer le royaume des humains et les autres joueurs. Amassez des coffres remplis de trésors, et devenez le seigneur maléfique le plus riche et le plus puissant de tous les temps !

Blue Orange

Bellum Magica est un jeu familial pour 2 à 5 joueurs pour des parties de 30 minutes environ. Des parties qui montent en puissance jusqu’à un final délicieusement tendu … Comment ? Chaque seigneur est à la tête de 6 hordes dont les pouvoirs qui sont inscrits sur les côtés de son plateau château se déclenchent suivant le résultat d’un lancer d’un dé à 6 faces (la horde 1 déclenche ses pouvoirs si la face du dé affiche 1 et ainsi de suite jusqu’au 6)… Rien est acquis au premier lancer puisque tu peux faire relancer le dé si tu possèdes les jetons requis. Une fois la face de dé validé, le seigneur possédant la horde avec le plus de cartes au trésor récupère déjà un coffre. Ensuite, chaque seigneur récupère les ressources qui correspondent à sa horde, puis, les épées qui vont permettre soit d’effectuer une attaque vers un seigneur adverse (pour récupérer un coffre qu’il peut avoir en sa possession) soit de piller le royaume humain (situé au centre de la table). Ce royaume rapporte des ressources et des coffres qui deviennent de plus en plus précieux au cours de la partie. A la fin du tour de jeux, tu peux recruter des créatures qui renforceront l’une ou l’autre de tes 6 hordes (parfois plusieurs mais il faudra en payer le prix). Ces créatures permettent d’agir sur deux catégories d’événements du jeu, et tu ne peux en choisir qu’une seule : soit sa capacité à améliorer les ressources de tes hordes et les cartes au trésor, soit celle qui augmente ton nombre d’épées … Et c’est un choix cornélien car tu regretteras forcément celle que tu délaisses.  A toi de faire les bons choix pour donner à ta forteresse, le profil idéal qui te permettra d’optimiser chaque face du dé lancer. En route seigneur maléfique !

Qu’est ce qu’on trouve dans la boite de Bellum Magica?

  • 5 plateaux Château (individuel)
  • 1 thermoformage permettant de ranger les cartes
  • 25 cartes Lieu
  • 76 cartes Créatures maléfique et très maléfiques,
  • 50 jetons Coffre (en bois, métalliques et dorés)
  • 1 réserve compartimentée thermoformée de 45 tuiles bonus pour améliorer sa défense (jetons bouclier), et ses possibilités de relancer les dés (jetons relance)
  • 1 réserve compartimentée thermoformée de 60  jetons ressources représentant de la nourritures, des glyphes (dessins gravés )et des tonneaux.
  • 1 dé
  • Une aide de jeu
  • Un livret de règles très colorées

Comment on joue à Bellum Magica

Mise en place

  • D’abord choisir un plateau ou les distribuer au hasard si les seigneurs se tirent déjà dans les pattes… Tirer au sort 2 cartes gobelins (on remet les autres dans la boite).
  • Faire un premier choix stratégique en glissant les cartes gobelins sous ta tuile château, soit à gauche soit à droite (en laissant apparaître environ 1 cm ) :
    • En plaçant les cartes à gauche, tu révèles des cartes au trésor et des ressources supplémentaires que tu récolteras durant la partie (tu caches donc les épées que tu ne pourras plus utiliser).
    • En plaçant les cartes à gauche, tu augmentes les capacités offensives, en ajoutant des épées aux pouvoirs du château (tu perds les ressources et cartes au trésor qui sont recouvertes). Tu peux aussi placer une carte de chaque coté pour équilibrer ressources et épées.
  • Sortir les 2 réserves thermoformées de jetons, c’est très pratique
  • Préparer le paquet de cartes du royaume des humains avec un nombre de cartes fermes, villages et villes, qui varient suivant le nombre de joueurs. Les cartes villes, les plus intéressantes et les plus chères seront placées sous les cartes villes, elles-mêmes sous les cartes villages que l’on découvrira en premier durant la partie. Dévoiler autant de cartes qu’il y a de joueurs. La carte taverne est placée à la fin de la file, dévoilée.
  • Préparer les deux pioches de cartes carrées, ce sont les créatures maléfiques et super maléfiques. Ces dernières sont plus chères à l’achat mais elles possèdent des effets plus prononcés. Dévoiler deux cartes de chaque paquet.
  • Placer les 3 types coffres à proximité en mélangeant chaque type séparément. On ne doit pas voir leur valeur.

Tour de jeu

Bellum Magica est composé de plusieurs journées composées elles-mêmes de plusieurs phases :

1) Choix de la horde active

Lors d’une journée, un seigneur, le capitaine du tour, lance le dé à 6 faces (le « lendemain », ce sera le seigneur suivant, dans l’ordre horaire). Les valeurs du dé de 1 à 6 sont représentées sur chacune des lignes des plateaux château. La ligne qui correspond à la face du dé lancé va indiquer plusieurs éléments :

  • les ressources que l’on récupère durant ce tour (qui nous serviront pour recruter des créatures).
  • les cartes au trésor, le seigneur qui détient le plus de carte au trésor sur cette ligne se voit  attribuer un coffre dont il ne doit pas dévoiler le contenu.
  • le potentiel d’attaque de votre château pour ce tour (j’y reviendrai plus tard).

Autant dire que le nombre indiqué par le dé est important pour la suite du tour.

Pour diminuer cet aspect très aléatoire, un joueur possédant un tonneau (nous verrons plus tard comment en acquérir) peut faire relancer le dé au capitaine. Cela se produit bien sûr si le nombre du dé ne lui convient pas ou qu’il estime qu’il favorise un autre joueur (on dit alors qu’il paie sa tournée). Un capitaine peut également relancer le dé avec un tonneau ou grâce à un sort de confusion (utilisable 1 fois quand il est capitaine, nous verrons plus loin comment l’obtenir). Ainsi, en commençant toujours pas le capitaine, et cela est très important, chacun décide ou non de faire relancer le dé. Après une relance, on demandera à nouveau au capitaine s’il souhaite relancer le dé puis aux autres joueurs dans le sens horaire, jusqu’au dernier.

Si plus aucun joueur décide (ou n’est en mesure) de faire relancer le dé, on passe à la phase de récolte.

2) Récolte des ressources et retour des éclaireurs. La seule phase « loyale » du tour de jeu

Les seigneurs prennent dans la réserve le nombre de nourritures et de glyphes indiqués par la ligne qui correspond à la face du d, (dans la partie gauche du plateau château). On comptabilise également le nombre de cartes au trésor de cette ligne. Le joueur qui en possède le plus gagne un coffre métallique de valeur 2 ou 3. En cas d’égalité, chacun reçoit un coffre en bois de valeur 1 ou 2 (cette valeur ne doit pas être dévoilée aux autres). Un seigneur possédant 10 coffres déclenche la fin de partie mais ne sera pas forcément vainqueur, surtout s’il possède une majorité de coffres en bois…  Il existe un 3ème type de coffre avec des valeurs plus élevées (voir phase suivante).

3) Phase d’attaque (pour piller des ressources ou des coffres)

Pour mener à bien cet acte odieux, il faut connaître le nombre d’épées en se référant à la ligne qui correspond à la face du dé, dans la partie droite de son plateau château. Ce nombre d’épée est cumulé avec celui de toutes les cartes glissées sous le plateau de ce même coté. Pour qu’une attaque aboutisse, le nombre d’épée doit être supérieur ou égal au nombre de boucliers indiqué sur la cible choisie (en haut de la carte ou du plateau). Précisons que certains boucliers sont magiques (brillant rose) et qu’il te faudra une épée magique (en surbrillance rose) pour vaincre chacun d’entre eux.

Après quelques additions qui raviront les plus jeunes, une seule attaque peut être déclenchée :

  • Soit vers les humains (oh les pauvres…) : le 1er joueur qui attaque avec assez d’épées choisit une des cartes « royaume humain » (il y en a un nombre égal au nombre de joueur), récupère les ressources ou coffres indiqués en bas de la carte et la défausse. Le joueur suivant fait de même, mais avec un choix de carte en moins. Ainsi, les villages, les villes ou les cités où d’innocents humains vivent en paix, se font piller les uns après les autres. Sache que les cartes « cités » rapportent plus d’éléments (coffre métallique, dorées…) mais leur défense est plus importante, elles apparaissent en milieu de partie après les cartes villages et villes (voir la préparation du jeu). C’est uniquement à la fin du tour que l’on dévoilera de nouvelles cartes.
  • Soit vers un seigneur adverse (pour lui voler ses coffres) : il faut que ton nombre d’épées soit supérieur ou égal aux nombres des boucliers cumulés de ton adversaire présents sur son plateau château. Et en plus, il faut posséder un masque de voleur sur sa carte pour chaque coffre que tu dérobes. Il faut donc bien prévoir son coup. L’adversaire à qui tu voles un coffre récupèrera un bouclier supplémentaire après ton attaque…normal il sera dorénavant plus sur ses gardes. Le potentiel défensif d’un adversaire peut être également amélioré au cours de la partie lors de la phase suivante de recrutement.

 4) Phase de recrutement de personnages « très douteux »

De retour de tes honteux pillages, de tes « bellum magica » (littéralement : guerre magique ; bon en même pas vraiment besoin d’ouvrir le Gaffiot pour en saisir un peu le sens), tu peux maintenant renforcer tes ignobles hordes grâce à tes nouvelles ressources :
– Chacun son tour (en partant toujours du capitaine) les seigneurs peuvent recruter des personnages plus ou moins maléfiques à l’aide de glyphes et de morceaux de nourriture, acquis plus ou moins loyalement lors des phases précédentes.
– Pour deux nourritures, tu recrutes une simple créature maléfique (parmi deux choix) ; avec elle tu améliores de manière raisonnable certaines hordes de ton château qui, je le rappelle, sont sollicitées suivant le nombre indiqué sur la face du dé. Précision : On réapprovisionne les cartes au fur et à mesure.

– Pour trois glyphes ou un glyphe et trois nourritures, tu peux recruter une super créature maléfique qui t’apporte de nombreuses capacités supplémentaires pratiquement dans toutes les hordes du château.

– Ces créatures proposent des ressources, des cartes et des épées. Tu dois toutefois choisir entre les ressources et les cartes de trésor ou bien garder le potentiel offensif de la créature. C’est un peu comme si tu retiens un rôle parmi les deux qu’elle propose.

  1. En glissant la carte côté gauche du plateau sous la précédente, tu choisis d’améliorer tes ressources et éventuellement ton nombre de cartes au trésor (si la créature en possède).
  2. En glissant la carte à droite, tu améliores ton potentiel d’attaque grâce aux épées et aux des masques de voleur. Ces valeurs s’additionnent aux précédentes. Remarque : certaines épées sont magiques et permettent d’attaquer des boucliers magiques que l’on trouve dans la défense des cités.

Certaines cartes créatures proposent également un bonus défensif représenté par un bouclier qui va améliorer la défense de ton château (c’est toujours mieux si un seigneur t’attaque). Tu peux aussi recevoir un sort de confusion qui te permet de relancer une fois le dé à chaque fois que tu es capitaine.

A la fin du tour, on dévoile de nouvelles cartes du royaume des humains (à la place de celles pillées précédemment) et le seigneur de gauche devient capitaine pour ce nouveau tour.

Fin de partie de Bellum Magica

La fin de partie est déclenchée dès qu’un seigneur détient 10 coffres. On terminera toutefois la phase d’attaque du tour avant de révéler la valeur de nos coffres. Le plus riche après addition des valeurs de chaque coffre est déclaré vainqueur. Celui qui possède les 10 coffres ne sera donc pas forcément le vainqueur.

Petit rappel : on peut obtenir les différents coffres des façons suivantes, lors d’un tour de jeu :

  • Après le lancer de dé, un coffre métallique est attribué à celui qui présentent le plus de carte au trésor (sur la ligne qui correspond à la face du dé lancer ; un coffre en bois en cas d’égalité).
  • Lors du pillage, certaines cartes du royaume des humains présentent des coffres en bois, métal ou dorés, il faut posséder suffisamment d’épées pour vaincre les boucliers qui les protègent et récupérer les coffres (ces cartes se dévoilent au fur et à mesure de la partie et proposent des coffres de plus en plus précieux).
  • Tu peux enfin voler un ou plusieurs trésors de ton choix à un adversaire si tu possèdes là encore suffisamment d’épées et de masque de voleur….et pour chaque bouclier magique, il faudra une épée magique…

Est-ce que c’est bien, Bellum Magica ?

Ce que j’ai ❤️ dans Bellum Magica

  • Lorsque je recrute une créature, il faut cogiter (beaucoup…).  Est ce que je conserve sa puissance d’attaque ou sa capacité à récupérer des ressources et des cartes au trésor. Dans tous les cas je renforce mes hordes mais je perds à jamais la dimension que je n’ai pas choisie (et parfois, on regrette beaucoup…).
  • La possibilité de faire relancer le dé grâce à des bonus acquis lors des tours précédents (les relances arrangent certains et énervent d’autres, c’est un peu méchant et c’est aussi le cœur du jeu). Rien est donc acquis après le premier lancer.
  • Les parties ne sont pas trop longues et plutôt tendues, il faut absolument surveiller ce qui se passe dans les châteaux adverses pour espérer s’en sortir.
  • Les différentes stratégies à tester et les frustrations assurent toujours une bonne re jouabilité.
  • Les nombreuses cartes « créatures » et « royaumes des humains » justifient l’énorme variété des parties de jeu de Bellum Magica.
  • Les dessins des personnages sont très fun, très cool et bien colorés, certains sont craquants même s’ils restent malgré tout des être maléfiques.
  • Dans la boîte, deux compartiments de rangement sont indépendants et s’utilisent comme réserve de ressources et de jetons bonus durant la partie (attention à ranger la boîte à l’horizontal pour évite la mauvaise surprise).
  • Le livret de règles de Bellum Magica est court, très clair, bien coloré et la petite aide de jeu est très précieuse dans les premières parties.

Ce que j’ai 💔 dans Bellum Magica

  • le coté aléatoire de la pioche des créatures maléfiques est parfois frustrant ; on détient les ressources mais la créature n’est pas intéressante, on fait l’effort de l’acheter (heureusement elle ne vaut pas grand-chose) pour révéler la suivante et même topo. Peut-être qu’avoir le choix entre 3 créatures aurait été plus équilibré…
ze meeple

Design de Bellum Magica

Les illustrations sont très « stylés » et colle parfaitement au thème. Certains seigneurs sont très originaux, leurs châteaux sont très fun, et sont bien en lien avec le personnage . Les créatures maléfiques sont surprenantes, drôles, trés colorés… elles sont excellentes….

Un petit reproche toutefois dans cette excellente direction artistique ; on aurait aimé des dessins plus représentatifs des cités et des villes (dans les deux cas il s’agit d’une maisonnette, c’est dommage)

ze meeple

Rangement/matériel

La boite et les cartes sont de très bonne facture (ça devient la norme, c’est un régal pour les joueurs) ; on distingue bien les différentes catégories entre elles car elles n’ont pas les mêmes dimensions, ce qui facilite le tri.

L’éditeur a été astucieux au niveau du rangement : Dans la boîte, trois compartiments de rangement sont indépendants et deux s’utilisent comme réserve de ressources et de jetons bonus durant la partie. C’est un peu ce que l’on souhaitera dans toutes les boites avec thermoformages, que leur coté certes peu écologique ait un ce double emploi : permettre de bien ranger les éléments et faciliter l’installation et l’accessibilité durant la partie

Mais attention, les adeptes du rangement vertical vont souffrir. Il faudra faire attention à ranger la boîte à l’horizontal (et dans le bon sens !) pour éviter la mauvaise surprise car tout se mélange si je retourne la boîte.

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Thème de Bellum Magica

Incarner des personnages maléfiques qui pillent des villages d’humains, des villes et des cités n’est pas forcément très acceptable d’un point de vue morale mais qu’est-ce que c’est bon d’être du côté obscur… un côté obscur toutefois très coloré, envahi de créatures vraiment sympas aux gueules amusantes. Le côté antimoral passe donc très bien.

Cet univers médiéval-fantastique est bien exploité à travers les belles illustrations, les coffres et ressources mises en jeu, les lieux magiques : des jambons issus des pillages du royaume des humains qui permettent de recruter des créatures maléfiques pour son renforcer d’ignobles châteaux forts, les tournées de bière à la taverne qui permettent de relancer le dé (on met tout le monde d’accord contre un bonne lampée…), des cartes au trésor surement volées à certains flibustiers de passage et plein de coffres de différentes valeurs….Bref, on est bien plongé dans le thème….

On oubliera un peu « les hordes actives » du château pour plutôt garder en mémoire les capacités liées aux faces de dé, ce qui reste l’enjeu principal pour gagner.


Mécanique de Bellum Magica

Améliorer les ressources ou le potentiel d’attaque de son château ?

La grande spécifié de Bellum Magica est de choisir de conserver une des deux compétences de chaque créature que l’on recrute. Ainsi pour renforcer sa forteresse, on ajoute soit son aptitude à cumuler des ressources et des cartes au trésor, soit son potentiel défensif qui se compte en nombre d’épées. Les premières permettent de recruter d’autres créatures et des super créatures (plus chères mais aux compétences décuplées) , les cartes au trésor donne la possibilité de recevoir des coffres (ce qui est le but du jeu). Enfin, avec les épées en nombre suffisant, tu peux piller les cartes villages, villes ou cités révélées. Elles possèdent également quelques ressources et des coffres de plus en plus intéressants au fil de la partie. Tu peux même sous certaines conditions piller les coffres détenus par tes adversaires. Après quelques parties, tu t’aperçois que chacun de tes choix contribue à améliorer la grandeur de ton seigneur… mais plus ou moins vite que les autres…

Alors faut il privilégier les cartes au trésor et les ressources en glissant la carte créature sous le château à gauche ou bien cumuler les épées et les masques de voleur, en glissant la carte à droite ? La suite va peut-être te guider dans ce choix.

Quelles hordes du château doit-on renforcer ?  (Les hordes correspondent aux faces de dé)

La deuxième spécificité de Bellum Magica est la suivante:
les capacités des créatures sont réparties sur six lignes qui correspondent aux faces d’un dé de 6. Une créature peut avoir par exemple, deux épées sur la ligne 5 et deux nourritures sur la ligne 2. Une capacité se déclenche si la face du dé, lancé en début de chaque tour, indique le numéro de ligne sur laquelle la créature possède sa compétence. Si tu possèdes très peu d’épées en ligne 5, peut-être est-il intéressant d’y placer les deux épées de la créatures (en sachant que tu ne pourras plus utiliser ses deux nourritures). De cette manière, tu vas petit à petit créer le profil spécifique de ton propre château…

Attention à ne pas trop « blinder » une ligne de horde car les seigneurs adverses le remarqueront vite et feront certainement relancer le dé dés à chaque fois qu’il indique le chiffre qui correspond à ta puissante horde. Un équilibre entre les différentes hordes serait donc plutôt judicieux…

Faire relancer le dé ?

Le principe du stop ou encore un peu déguisé est repris dans Bellum Magica afin de gérer un peu le coté aléatoire du lancer de dé (qui est primordial pour la suite). Le dé peut parfois être relancé 3, 4, 5 fois de suite si les joueurs possèdent un ou plusieurs tonneaux ou le sort de confusion (pour le capitaine du tour).
L’observation des lignes adverses (liées à chaque face du dé) est indispensable pour provoquer une relance ou non. Avec une face de dé, un adversaire peut être avantagé au niveau des ressources ou des cartes au trésor, mais ton nombre d’épées et peut te permettre de piller une cité très prometteuse dans la phase suivante …Pour chaque face de dé, les seigneurs récupèrent toujours des éléments, à toi de calculer le bénéfice de chacun en s’assurant que tu ne sois pas trop lésé, auquel cas il faudra faire relancer le dé…

Un coté incertain est présent dans Bellum Magica, mais il peut toutefois créer des inégalités qui peuvent être un peu frustrantes. En effet, certaines ressources (les glyphes) sont précieuses car elles permettent de recruter des créatures super maléfiques (d’un niveau supérieur). Le problème est que pour en récupérer, il faut d’abord recruter les bonnes créatures maléfiques (de niveau inférieur) celles qui possèdent ce type de ressources sur une de leurs 6 lignes. Or toutes n’en ont pas, et c’est bien ça le problème… certains joueurs patientent longtemps avant de recruter la créature qui en possède… Ensuite, il faut que la bonne face du dé soit validée le tour suivant, pour en récupérer (heureusement que les tonneaux permettent de faire relancer le dé, ça limite un peu le coté aléatoire).
Une autre manière d’en récupérer est d’aller piller les rares villes et cités qui en possèdent, mais pour cela il faut posséder les épées en nombre suffisant…

Proposition : peut-être faudrait-il dévoiler 3 cartes de la pioche des créatures maléfiques, en augmentant un peu le prix de la dernière carte dévoilée pour équilibrer un peu l’aspect aléatoire de la pioche de s créatures ?

Interaction un peu aléatoire :

L’attaque d’un seigneur adverse est plutôt accessible en début de partie, par la suite chacun peut facilement récupérer des boucliers lors de recrutement des créatures. Il faudra donc rapidement plus d’épées pour attaquer les adversaires. (en plus des masques de voleur). Toutes ces conditions sont rarement réunies en cours de partie… et il est souvent plus avantageux d’aller piller des villages, villes ou cités  (c’est peut être dommage mais d’un autre coté ça évite l’acharnement sur un joueur….)

Un autre type d’interaction moins directe, apparait au niveau du pillage des cartes villages, villes ou cités. Une fois attaquée par le premier joueur, la carte est défaussée et elle n’est plus accessible. C’est un peu rageant quand cette carte est la seule que les autre joueurs pouvaient piller (premier arrivé, premier servi). Dans ce cas, les « perdants » se retrouvent à la la taverne du village pour récupérer un jambon et un tonneau ( lot de consolation) alors que le premier joueur à récupérer 1 ou 2 coffres, des glyphes, ce qui lui donne un net avantage pour la suite. Etre capitaine au bon moment, lorsque des cartes accessibles et intéressantes sont révélées, permet de prendre de l’avance et on peut difficilement anticiper ce genre d’événement.

Simplicité des règles

Les règles sont claires et compréhensibles, très bien expliquées, dans un beau livret de jeu, bien coloré et la petite aide de jeu est très précieuse dans les premières parties. Quelques détails réglementaires, cumulés aux nombreux calculs mathématiques ( des additions, heureusement) justifient un peu la limite d’âge de 10 ans et plus mais certains jeunes déjà initiés s’en sortiront très bien.

Conclusion

Réveille le seigneur maléfique qui est en toi ! Avec des mécaniques de jeux qui vont s’entremêlées, Frédéric Guérard nous offre avec Bellum Magica des alternatives de jeu intéressantes. Mais avec un seul objectif final : devenir le plus riche avec tous les coffres acquis pillés au cour de la partie. Pour y parvenir, rien de plus simple. Avec une mécanique de tableau building, tu améliores le potentiel de ton château en recrutant des créatures dotées de compétences réparties sur six lignes et qui se déclenchent selon le résultat d’un lancer de dé à six faces. Et chaque créature te propose deux types d’améliorations mais tu ne pourras en conserver qu’une seule dans ton château : acquérir des cartes au trésor et de ressources (qui permettent de recruter d’autres créatures) ou améliorer le potentiel d’attaque de ton château.

A ce mécanisme de jeu s’ajoute le principe du stop ou encore « collectif » un peu déguisé. Quand le chiffre du dé n’est pas intéressant pour certains ou, à l’inverse, favorise trop les actions d’un autre, chaque seigneur peut en effet faire relancer le dé au maître du jeu grâce à des bonus récupérés auparavant. A toi de bien observer ce qui se passe dans les châteaux adverses pour savoir si la relance du dé est intéressante. On assiste parfois à une véritable bataille de « relances » jusqu’à épuisement des bonus de chacune des parties…

Dans cette ambiance plutôt tendue, le coté fun et aléatoire provoquera quelques frustrations surtout au niveau des possibilités de recrutement des cartes créatures et des possibilités de pillages des villages, villes et cité humaines. Mais le tout est noyé dans la succession des tours et il y aura toujours quelque chose d’intéressant à faire. Il faut toutefois arriver au bon moment avec les bonnes ressources pour récupérer les cartes les plus intéressantes. Les vols entre seigneurs seront possibles mais demeureront assez compliqués. Tu auras toujours un tonneau de bière et un jambon en lot de consolation (si tu ne parviens pas à tes fins) !

Coté design, les illustrations sont très colorées, originales représentant des créatures maléfiques très sympas, parfois délirantes. Le matériel est agréable, et trois compartiments de jeu thermoformés servent à la fois de réserve et de rangement dans la boîte. C’est très appréciable et bien vu par l’éditeur, même si on reste dans du plastique.

Verdict : Voici donc un jeu plutôt familial, tendu et original qui plaira aux joueurs qui aiment faire des choix tactiques (qu’ils regretteront certainement plus tard), et qui admettent qu’une part d’aléatoire doit toujours amener un peu de fun dans un jeu de société. Les nombreux mécanismes ingénieux t’inciteront à rejouer pour tester différentes stratégies qui seront bien spécifiques au profil particulier que tu donneras à ta forteresse. L’expérience de jeu n’en sera que meilleure. Alors faut-il plus d’épées pour piller, plus de jambons pour recruter ? Quelle face de dé favoriser ? Recruter tout de suite ou attendre une aide maléfique plus intéressante ? A toi de choisir, mais dans tous les cas, tu n’épargneras pas les malheureux humains que tu vas attaquer pour développer la puissance de ton ignoble château.

Testeur : Fab, Jules Valérie, Laurent, Sandrine

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