[Test] Ike No Koï, ou la convoitise de la carpe légendaire

Ike No Koï2-5 joueursIke No KoïJérémie Caplanne
Ike No Koï8 ans et +Ike No KoïAnneSeb
Ike No Koïmoins de 30 minutesIke No KoïLudistri, Multivers
Ike No Koïcartes, collection, stop ou encore, majorité, objectifsIke No KoïJapon, zen,
Ike No Koï Prix de vente conseillé 19,99 €. En précommande chez Ike No Koïet dans votre boutique de jeux favorite !
Ike No Koï

Qu’est-ce qu’on y fait ?

– Comment ça une carpe koï ?!! Il est pas frais mon poisson ? C’est encore Cétautomatix qui vous envoie ! Où est-il le malotru ?

– Non non Ordralfabétix, là, nous parlons d’un poisson censé m’apporter bravoure, persévérance, courage et amour…. Alors désolé, votre poisson nauséabond même très frais ne m’intéresse pas.

Ike No Koï
Attention, poisson volant

Allons à la découverte de ce jeu qui met en scène la carpe Koï, cette carpe légendaire d’abord élevée en Chine et en Corée avant d’arriver au 5ème siècle dans l’archipel nippon pour faire de cet animal un des poissons d’ornementation de bassin le plus prisé au monde. Eh oui évitons les aquariums. Il occupe même une place importante dans l’art du tatouage japonais. Cette carpe koï aura même un rôle sacré puisqu’on raconte qu’elles remontent les courants jusqu’au ciel où elles se transforment en légendaires dragons et s’envolent !

Dans la sérénité de votre jardin japonais, votre plus grande fierté réside en la collection exceptionnelle de carpes Koï qui peuplent votre étang. Justement, vous recevez aujourd’hui la visite d’autres collectionneurs qui partagent votre passion pour cet animal multicolore. Mais certains d’entre eux seraient prêts à tout pour s’approprier les spécimens les plus rares…

Ike no Koï est un jeu de cartes, de collection, de majorité, et d’objectifs, le tout fondé sur un système malin de stop ou encore. Un jeu familial dès 8 ans de 2 à 5 joueurs pour des parties de 20 minutes environ. Un jeu de Jérémie Caplanne édité chez Multivers et distribué par Ludistri.

Le principe : Vous tenterez de récupérer des carpes pour obtenir la majorité dans les différentes couleurs de carpes. Faites attention à ne pas être trop gourmand : car si vous révélez deux cartes identiques parmi votre tirage, les autres se serviront en premier ! Vous pourrez gagner des points grâce à vos majorités, mais aussi grâce aux cartes pouvoirs, aux défis commun à tous et à votre challenge secret. N’hésitez pas à aller récupérer des carpes dans les étangs adverses et protégez-vous habilement des fourberies pour remporter la partie !

Allons faire un tour autour du bassin tant convoité quand on sait que les collectionneurs à l’affût des variétés les plus rares peuvent acheter ces poissons aux enchères pour des prix exorbitants allant jusqu’à deux cent mille dollars ! 

Qu’est ce qu’on trouve dans la boite ?

  • 5 pontons pliables : ce sont les plateaux de jeu de chaque joueur.
  • 78 cartes étang comprenant 65 cartes Koï numérotées de 2 à 11 et 13 cartes jardins (4 types différents avec leurs actions particulières : bambou, pont, fleurs de lotus et lanternes).
  • 14 cartes défi (perso et collectif) qui seront décomptés en fin de partie.
  • 10 jetons lotus d’honneur qui vont permettent de marquer les majorités et de scorer en fin de partie.
  • 3 beaux pions en bois (2 grands ponts et 1 lanterne).
Ike No Koï

Comment on joue à Ike No Koï ?

La mise en place :

Pour débuter, chaque joueur place un ponton devant lui et s’octroie une carte défi dont lui seul prend connaissance. Toutes les cartes étang sont mélangées et placées en pile au centre des joueurs. Placez une carte défi collective à la vue de tous. Exemples de défis : posséder le plus ou le moins d’espèces de carpes Koï de telle ou telle espèce ou posséder le même nombre de carpes Koï de deux variétés indiquées sur la carte. Il y a 8 sortes de défis différents.

Ike No Koï
Les cartes défi

Trois cartes étang sont prises de la pioche et placées de côté sous le meeple lanterne jaune. Les jetons lotus d’honneur, eux, sont mis de côté. Ils serviront à la fin pour le décompte des majorités.

Tour de jeu :

Le premier joueur va pouvoir tirer jusqu’à 4 cartes de la pioche et les déposer l’une après l’autre en long telle une rivière. C’est là qu’intervient le principe du stop ou encore. Car c’est 2 cartes minimum et jusqu’à 4. Il peut s’arrêter à n’importe quel moment de son tirage. Si les cartes découvertes sont toutes différentes, il les gagne et les dispose aux emplacements de même valeur prévus sur son ponton. S’il arrive à tirer 4 cartes différentes, le joueur peut bénéficier – s’il le souhaite – d’un échange. Il pourra alors s’emparer d’une carte Koï de son choix chez un de ses adversaires, mais en échange, il devra lui donner 2 cartes Koï ici de son propre ponton. Un petit dilemme donc à utiliser avec modération. C’est clairement une action à faire lorsque le jeu est avancé et c’est une action fort heureusement facultative. Le joueur avec qui il réalise cet échange n’a pas le droit de le refuser.

Alors pourquoi est-ce du stop ou encore ? Car si une des cartes que vous découvrez est identique à une carte déjà placée dans la rivière, le tour s’arrête et un partage a lieu. Le joueur à votre gauche va pouvoir prendre la carte de son choix pour l’ajouter à son propre ponton, puis chaque joueur va faire de même jusqu’à ce que toutes les cartes soient prises. Le joueur qui a déclenché le partage pourra également se servir si le tour de jeu revient jusqu’à lui. Il est clair qu’à plus de 5 joueurs, le joueur actif n’aura jamais rien !

Autre cas particulier, si les 2 premières cartes piochées sont identiques, le tour du joueur s’arrête instantanément, mais il peut quand même garder les 2 cartes. Puis lorsque le tour de jeu est terminé, on peut passer au joueur suivant.

  • 4 types de cartes spéciales dans la pioche. Les ponts qui symbolisent la frontière : Lorsque vous la récupérez, défaussez-la immédiatement et placez l’un des 2 meeples pont rouge sur votre ponton horizontalement ou verticalement. Il protègera les carpes Koï des 2 zones touchées par le pont qui ne pourront plus vous être chapardées lors des échanges.
  • Les fleurs de lotus qui symbolisent la pureté : Vous pouvez les défausser à tout moment pour avoir le droit de regarder le 2 prochaines cartes de la pioche et les replacer dans l’ordre que vous voulez. Cependant si vous les conservez jusqu’à la fin de la partie, chaque carte vous rapportera un point bonus.
  • Les lanternes qui symbolisent la lumière : Elles vous permettent de regarder à tout moment les 3 cartes disposées sous le pion en bois lanterne. Si à la fin de la partie, vous possédez 2 cartes lanterne, vous pouvez prendre possession des 3 cartes sous la lanterne.
  • Les bambous qui symbolisent le bonheur et la chance : Ils remplacent la carte Koï de la valeur de votre choix. Vous la placez donc à l’endroit voulu sur votre ponton. C’est clairement pour mettre un grain de sable chez les calculateurs …

Fin du jeu et décompte :

Le jeu prend fin lorsque qu’il n’y a plus de carte Koï en jeu. On va alors faire le compte des majorités et accorder le lotus d’honneur de chaque valeur au joueur qui possède le plus de cartes Koï de cette valeur. S’il y a égalité, personne ne remporte les points de cette valeur. On va également attribuer les points du défi commun (écrits en bas à droite de la carte défi) et voir si les défis individuels secrets ont été réalisés (écrits en bas à gauche de la carte défi).

Il suffit de faire l’addition de ses points lotus en ajoutant ses points gagnés par majorités remportées, sur le défi commun s’il l’a remporté, sur le défi collectif ou sur les cartes fleurs piochées au cours de la partie et qui sont toujours en sa possession. Le joueur qui cumule le plus de points lotus gagne. S’il y a égalité, c’est le joueur avec le plus de cartes Koï qui gagne.

Est-ce que c’est bien ?

Ce que j’ai ❤️:

  • Les illustrations, le matériel très sympa (les pontons, les gros meeple), les cartes carrées un peu à la manière de pièces de mahjong.
  • Le stop ou encore.
  • Les objectifs secrets et collectifs.
  • Le hasard bien dosé avec la révélation des cartes suffisamment différentes pour prendre certains risques.
  • Le nombre de carte Koï différent selon les valeurs mais connu à l’avance, ce qui permet d’être un jeu calculatoire.
  • Le principe de l’échange et du partage bien pensé qui permet d’équilibrer le hasard du tirage des cartes.
  • Les cartes spéciales qui permettent des petits retournements de situation.
  • Les règles très faciles à comprendre.
  • Le système de majorité de cartes koï qui s’annule en cas d’égalité au moment du comptage final.
  • Jusqu’à 5 joueurs

Ce que j’ai 💔

  • Rien
Ike No Koï

Design

L’ambiance japonisante est bien retranscrite avec un matériel simple, bien illustré, agréablement conçu. Le design est sobre, efficace. Les couleurs plutôt bien choisies. L’ensemble est cohérent. Le directeur artistique a fait du bon travail.

Ike No Koï

Qualité du matériel

Les petites cartes carrées sont de très bonnes factures ; les meeple en bois sont de belle qualité et les plateaux personnels repliables très épais. Ils juste un peu de mal à tenir bien déployés lors des toutes premières parties (il faut un peu appuyer dessus) mais c’est un détail. La boîte est petite mais de belle facture.

Ike No Koï

Thème

Le thème apporte une petite plus value à la mécanique de jeu. Avoir le plus de carpes, jeter un coup d’œil dans le bassin, protéger deux de ses collections de carpes. Tout cela nous immerge bien dans la thématique. Tout est cohérent finalement et même si on aurait pu faire coller n’importe quelle autre thématique, elle colle très bien, et c’est bien. Et c’est un thème très riche si l’on s’y plonge un tout petit peu car cette carpe introduite vers le 5ème siècle dans la province de Niigata au Japon est devenue une star des bassins d’ornementation japonais. Cet animal légendaire peut atteindre une taille spectaculaire allant jusqu’à dépasser le mètre pour un poids avoisinant les 15 kilos. Mais surtout la légende de la carpe koï et la remontée du fleuve Jaune est une histoire que les parents aiment lire à leurs enfants :

Chaque année, à la 3e lune, des milliers de carpes quittent la mer pour remonter le fleuve Jaune. En battant courageusement des nageoires, elles remontent le cours d’eau à contre-courant et se réunissent à la cascade de la Porte du Dragon. On dit que cette dernière est tellement puissante qu’elle frappe comme les flèches de cent guerriers. Pour réussir leur parcours, les carpes koï doivent faire face à de nombreux obstacles, bravant les prédateurs, la force du courant, les pêcheurs et les nombreux dangers. Parmi elles, seules les plus téméraires parviennent à arriver au sommet de ces violentes chutes d’eau. Elles sont alors transformées en dragons avec de magnifiques écailles d’or. Les autres retentent l’expérience chaque année.

Ike No Koï

Pour info, c’est cette légende qui a inspiré le célèbre Pokémon au nom de Magicarpe.

La carpe koï est réputée pour apporter la paix et la sérénité dans les jardins asiatiques. Au niveau spirituel, elle incarne la force et la persévérance vis-à-vis des challenges de la vie pour aller de l’avant. Par ailleurs, saviez-vous qu’on offre des cartes de carpes koï aux étudiants japonais pour leur porter chance à leur examen ? Dans la culture nippone, elle représente également l’ascension sociale.

Ike No Koï

Dans le symbolisme japonais, il existe plusieurs types de carpes japonaises sensées vous apporter bonheur (la kujaku), argent (la yamalubi) ou un accomplissement spirituel par exemple (l’utsurimoro).

Ike No Koï

Enfin, le tatouage pourra avoir plusieurs significations selon sa coloration, son sens et les éléments qui l’accompagnent.

Ike No Koï

Si vous voulez en savoir plus allez faire un tour sur universdujapon.com.

ze meeple

Mécanique

C’est le point fort du jeu car on y retrouve des mécanismes qui font mouche :
– Le stop ou encore : on révèle 2 cartes minimum et jusqu’à 4 et attention de ne pas en avoir plusieurs identiques. Et plus on avance dans le jeu plus on peut prendre de risques puisqu’on connait le nombre de cartes restantes (si on les compte) par valeur de carpes.
– Du hasard maitrisé par des cartes spéciales : une carte regarder dans la pioche, une carte joker, une carte regarder sous la carte lanterne.
– Une action punissant la prise de risque (trop fréquente) : si on tire des cartes différentes à partir de 3 cartes tirées, il y a partage des cartes tirées.
– Une action récompensant la prise de risque : 4 cartes différentes tirée et on est en droit de faire un échange.
– Une action compensant la « malchance » : si on tire 2 cartes identiques, le tour s’arrête et le joueur peut prendre ces deux cartes. Il n’a que deux cartes mais c’est mieux que rien.
– Des objectifs défis cachés et communs.
– Un jeu de collection avec comme objectif d’obtenir des majorités.
– Pas de partage de bonus de majorité en cas d’égalité dans la calcul des collections.
– La protection de deux de vos collections grâce au tirage d’une carte spéciale. Il faudra bien choisir sa collection à protéger des chapardeurs.

Le jeu tourne déjà très bien à deux et il est très bien à plus ; dans ce dernier cas on a un peu moins de maitrise sur le jeu ; c’est un peu plus chaotique au bon sens du terme puisqu’il y a davantage d’incertitude. Et surtout le système de partage est cruel à 5 joueurs puisque le joueur actif en cas de tirages d’une 4ème carte identique à une des cartes déjà tirée ne pourra pas récupérer une de ce cartes puisque les autres joueurs se seront servis avant.

Ike No Koï

Simplicité des règles

Les règle sont très simples et surtout très bien expliquées dans le livret (illustrations, exemples, vocabulaire simple, bonne organisation du livret).

Ike No Koï

Mise en place / Rangement

La mise en place est très rapide. Il y a juste à deux joueurs il faut faire attention à ne pas intégrer les cartes de valeur 11 qui sont réservées pour les parties de 3 à 5 joueurs. La boîte de petite taille accueille tout le matériel dans un format compact. Il manque juste un sachet supplémentaire pour éviter que les cartes se promènent. Sinon, les plateaux pliables se rangent très bien. La mise en place prend quelques petites minutes et c’est rangé en 2 minutes.

Conclusion

Ike No Koï est un jeu qui au premier abord aspire à la zenitude de part son environnement japonisant et sa thématique liée à la collection de carpes koï ; c’est presque si l’on entend le doux clapotis de ce filet d’eau qui alimente votre étang. C’est pourtant un jeu qui au final est dynamique par son mélange de stop ou encore, de collections rapides à réaliser, de prise de risque contrôlée. C’est un jeu qui se joue aussi bien en famille qu’entre amis pour passer un bon moment. Les règles sont simples, le jeu rapide. Le hasard est certes au premier plan avec le tirage des cartes et il décidera d’une partie de votre jeu mais il vous faudra faire preuve de stratégie en sachant doser votre engouement à tirer des cartes et à utiliser d’une manière opportune les phases d’échange et de partage ; sans oublier les objectifs personnels et communs qui feront peut-être la différence.

Un jeu intéressant à 2 mais qui se révélera encore plus prenant à plus car il sera plus tendu en apportant plus de challenge dans le tirage des cartes. Une vraie compétition pour obtenir la plus belle collection de carpes Koï. Enfin, les cartes objectif nous offrent une belle rejouabilité car elles nous amèneront à adapter notre stratégie.

Un petit format très pratique. Une boîte bien remplie. Une direction artistique cohérente et de très bonne facture. Une belle réussite.

Testeurs : Laurent, Sandrine

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