[Test] La vallée des Torī – Derrière la beauté du paysage, un puzzle plein de choix


















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1 à 4 joueur(s) |
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Origames |
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10 ans et + |
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Neoludis |
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30 min |
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Fabrice Maugé Thomas Favrelière |
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14/08/2026 | ||
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placement de tuiles, reflexion |
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Camille Fourcade |
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Japon | ||
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29 € chez
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| Le jeu présenté ici nous a été gracieusement envoyé par l’éditeur. Mais comme aucun dessous de table n’a été observé, cet article sera aussi bien baigné d’une objective bienveillance comme il pourra se révéler plus acerbe. | |||
Nous incarnons ici des artistes venus peindre la célèbre Vallée des Torī. Bambous, cerisiers, montagnes, étendues d’eau et villages vont progressivement remplir notre Tableau, avec un objectif : obtenir le plus de points tout en essayant, thématiquement, de réaliser la plus belle représentation de la vallée.
Et soyons clairs, la première chose qui attire, c’est la direction artistique. Le travail de Camille Fourcade, accompagné par la direction artistique d’Igor Polouchine, est splendide. Les couleurs, les paysages et la forme générale du Tableau donnent immédiatement envie de manipuler les tuiles.
Mais La Vallée des Torī ne repose pas uniquement sur son physique. Les tuiles sont proposées autour de deux roues et chaque prise peut en rendre de nouvelles accessibles. On regarde donc son Tableau, mais aussi ce que notre choix risque d’offrir au joueur suivant. A cela viennent s’ajouter cinq objectifs de Paysage, les collections de Torī et quelques pouvoirs permettant de bousculer ponctuellement les règles.
Sous son apparence paisible, La Vallée des Torī cache un puzzle assez opportuniste. Et c’est justement ce contraste entre la douceur de son univers et les petits dilemmes permanents qui fait une bonne partie de son charme.
Mise en place
Placez les deux roues et le jeton Pinceau au centre de la table. Les jetons Sceau sont disposés à proximité. Préparez ensuite les jetons Parchemin en fonction du nombre de joueurs et empilez-les par ordre croissant, avec la valeur la plus élevée visible sur le dessus.
Chaque joueur reçoit un plateau Tableau qu’il place devant lui. Sélectionnez ensuite au hasard une carte Objectif pour chacun des cinq types de Paysage : Montagne, Village, Bambou, Eau et Cerisier.
Mélangez les tuiles Paysage dans le sac, sans ajouter les tuiles Papier utilisées pour la variante. Piochez ensuite les tuiles nécessaires pour remplir les encoches des deux roues. Une dernière tuile est placée au centre de la grande roue.
Le joueur ayant peint le plus récemment reçoit le jeton de départ et commence la partie.

Comment on joue ?
Le tour de jeu
A son tour, le joueur sélectionne une tuile Paysage disponible autour de l’une des deux roues, puis la place sur son plateau Tableau.
Lorsque toutes les encoches d’une roue sont occupées, seules les deux tuiles indiquées par les flèches sont disponibles. Dès que des espaces sont libérés, les tuiles situées à côté de ces espaces deviennent également accessibles. Lorsqu’une roue est entièrement vidée, elle est immédiatement remplie avec de nouvelles tuiles.
Le Tableau se construit progressivement. Certains emplacements possèdent des effets particuliers.
La tuile placée au centre de la grande roue détermine le type de Paysage permettant de récupérer un Parchemin. Si un joueur place une tuile de ce type sur l’emplacement Parchemin de son Tableau, il récupère le jeton disponible de plus forte valeur.
Sur les lignes comportant un emplacement Sceau, placer trois Paysages différents permet de récupérer un Sceau correspondant à l’un de ces trois Paysages. Un joueur peut obtenir jusqu’à deux Sceaux pendant la partie. Chaque Sceau possède un effet particulier et peut être utilisé une fois.
Le tour passe ensuite au joueur suivant.
La fin de partie
La fin de partie est déclenchée lorsqu’un joueur place une tuile sur la ligne la plus haute de son Tableau. Le tour en cours est terminé afin que tous les joueurs aient joué le même nombre de tours.
Chaque joueur additionne ensuite :
- la valeur de son éventuel Parchemin ;
- 2 PV s’il possède le Pinceau ;
- les points obtenus avec les cinq cartes Objectif ;
- les points de ses collections de Torī.
Le joueur totalisant le plus de points remporte la partie. En cas d’égalité, le joueur ayant peint le plus de Torī l’emporte. Si l’égalité persiste, la possession du Pinceau départage les joueurs. Une nouvelle égalité entraîne une victoire partagée.

Simplicité des règles
La Vallée des Torī possède une base très accessible : prendre une tuile disponible et la placer dans son Tableau. Quelques tours suffisent pour comprendre le fonctionnement des roues et voir comment notre paysage va progressivement prendre forme.
La petite difficulté vient surtout de l’accumulation des informations. Cinq objectifs sont actifs simultanément, auxquels s’ajoutent les Torī, les Parchemins et les Sceaux. Rien de compliqué pris séparément, mais la première partie demande forcément quelques vérifications.
Les roues sont également beaucoup plus faciles à comprendre en les manipulant qu’en les expliquant. Une fois qu’une première tuile disparaît et en libère d’autres, leur fonctionnement devient évident.
Le jeu se place donc assez naturellement dans la catégorie familial ou famial +. On peut expliquer rapidement comment jouer, mais bien jouer demande déjà davantage de réflexion. La sélection d’objectifs recommandée pour la première partie est d’ailleurs une bonne idée pour découvrir tranquillement le système.
Retrouvez les règles du jeu : https://undecent.fr/banque-de-livrets-de-regles/
Matériel et design
Difficile de passer à côté : La Vallée des Torī est vraiment très beau.
Camille Fourcade donne aux cinq paysages une identité propre tout en conservant une vraie harmonie lorsqu’ils sont assemblés. Bambous, villages, montagnes, cerisiers et étendues d’eau finissent par former un Tableau que l’on prend plaisir à regarder une fois la partie terminée.
Les deux roues centrales participent beaucoup à la présence du jeu sur la table. Elles ne sont d’ailleurs pas là uniquement pour faire joli : leur conception permet de voir immédiatement quelles tuiles sont accessibles et comment le marché évolue.
La boîte contient 108 tuiles Paysage, quatre plateaux Tableau, deux roues, 16 cartes Objectif ainsi que les différents jetons. Le matériel est généreux sans transformer la table en bazar.
La direction artistique constitue clairement l’un des gros arguments de La Vallée des Torī. Mais surtout, elle accompagne le jeu au lieu de simplement l’habiller. Plus le Tableau avance, plus le paysage prend forme. C’est simple, mais ça fonctionne très bien.
Liste du matériel :
- 4 plateaux Tableau
- 2 roues
- 108 tuiles Paysage
- 24 tuiles Papier
- 5 jetons Sceau
- 4 jetons Parchemin
- 1 jeton Pinceau
- 16 cartes Objectif
- 1 règle de jeu
- 1 bloc de score
Mécanique
Les roues, le petit truc qui change beaucoup
Le coeur de La Vallée des Torī reste très classique : choisir une tuile puis trouver le meilleur emplacement possible. Les deux roues viennent toutefois modifier cette formule.
Toutes les tuiles ne sont pas disponibles en même temps. Lorsqu’une tuile disparaît, elle peut rendre ses voisines accessibles. Chaque choix modifie donc le marché pour les joueurs suivants.
Cela crée une interaction légère mais bien présente. On peut prendre la tuile parfaite pour son Tableau… et découvrir qu’on vient d’offrir encore mieux au voisin. On peut donc rapidement jeter un oeil aux paysages adverses avant de jouer.
Cette mécanique donne surtout du rythme au marché. Il évolue constamment et oblige à s’adapter plutôt qu’à attendre tranquillement qu’apparaisse la tuile parfaite.
Un Tableau où tout ne rentrera pas
Cinq objectifs de Paysage sont sélectionnés au début de la partie et chacun impose sa propre manière d’organiser le Tableau.
Et évidemment, on aimerait tout faire.
Une même tuile peut être intéressante pour son type de Paysage, son emplacement, le Torī qu’elle contient ou parce qu’elle prépare l’obtention d’un Sceau. Mais l’espace se réduit progressivement et il faut finir par choisir ses priorités.
C’est ici que La Vallée des Torī fonctionne le mieux. Le jeu ne propose pas des décisions extrêmement complexes, mais une succession de petits arbitrages. On accepte de perdre quelques points ici pour construire quelque chose de plus rentable ailleurs.
Les 16 cartes Objectif permettent également de renouveler les contraintes et évitent de reconstruire exactement le même paysage à chaque partie.
Plusieurs façons de faire des points
Aux cinq objectifs de Paysage viennent s’ajouter les Torī. Il existe cinq couleurs et le jeu récompense les collections comprenant plusieurs couleurs différentes. Une série complète de cinq rapporte 10 points.
Cette seconde lecture des tuiles est intéressante. Une tuile moyenne pour notre objectif peut devenir très attractive simplement parce qu’elle possède le Torī qui manque à notre collection.
Les Parchemins ajoutent une petite course supplémentaire. Le Paysage placé au centre de la grande roue indique celui qu’il faut positionner sur l’emplacement correspondant du Tableau. Les premiers joueurs à réussir récupèrent les valeurs les plus importantes.
On se retrouve donc avec plusieurs manières de scorer qui utilisent toutes les mêmes tuiles. La Vallée des Torī assume son côté salade de points, mais reste lisible parce que tout se construit dans un seul et même Tableau.
Les Sceaux pour casser les habitudes
Les Sceaux permettent ponctuellement de contourner les contraintes habituelles. Eau peut échanger deux tuiles sur une roue, Bambou facilite un placement, Montagne permet de réserver une tuile, Village offre un choix parmi trois tuiles piochées et Cerisier permet une dernière modification du Tableau avant le décompte.
Ils sont suffisamment rares pour conserver leur importance. Bien utilisés, ils peuvent débloquer une situation ou permettre un joli coup au bon moment.
Au final, La Vallée des Torī ne cherche pas à réinventer la pose de tuiles. Son intérêt vient plutôt de la manière dont ses systèmes s’imbriquent. Les roues apportent l’interaction, les objectifs structurent le puzzle et les Torī, Parchemins et Sceaux viennent régulièrement perturber le choix évident.
Thème
La Vallée des Torī nous place dans la peau d’artistes venus capturer la beauté d’un paysage japonais. Le thème reste léger, mais il fonctionne grâce à une vraie cohérence entre ce que l’on fait et ce que l’on voit.
Notre Tableau se remplit progressivement de montagnes, villages, bambous, cerisiers et étendues d’eau. Une fois terminé, il ressemble réellement à une composition plutôt qu’à une simple grille de scoring.
On reste avant tout devant un puzzle abstrait : le jeu ne cherche pas à simuler le travail d’un peintre ou à raconter une histoire. Mais la splendide direction artistique suffit à donner une personnalité forte à l’ensemble. Le thème accompagne la mécanique sans chercher à prendre toute la place.
Rangement
Malgré ses 108 tuiles Paysage, La Vallée des Torī se range assez facilement. Le sac en tissu permet de regrouper directement une grande partie du matériel, tandis que les cartes Objectif et les différents jetons restent simples à organiser. ( il y a une petite boite pour les trier)
Les 24 tuiles Papier de la variante peuvent rester séparées du matériel principal tant qu’elles ne sont pas utilisées.

Verdict
Ce que j’ai ❤️
- La direction artistique splendide de Camille Fourcade.
- Le système des deux roues, simple mais efficace.
- Les objectifs variables qui modifient la construction du Tableau.
- Les différentes pistes de score qui se croisent sans devenir trop lourdes.
Ce que j’ai 💔
- L’interaction reste indirecte et chacun reste principalement concentré sur son Tableau.
- Certaines configurations d’objectifs peuvent pousser à beaucoup calculer avant de poser une tuile.
Conclusion
La Vallée des Torī attire forcément par sa direction artistique. Camille Fourcade livre un univers splendide et la construction progressive du Tableau permet vraiment d’en profiter pendant la partie.
Heureusement, il y a aussi un jeu derrière le joli paysage.
Thomas Favrelière et Fabrice Maugé proposent un puzzle accessible, construit autour de décisions simples mais rarement évidentes. Les deux roues apportent juste ce qu’il faut d’interaction, tandis que les cinq objectifs, les Torī et les différents bonus obligent à revoir régulièrement ses priorités.
La Vallée des Torī fonctionne particulièrement bien dans ce créneau familial et familial+. Les règles s’apprennent rapidement, les parties restent contenues autour d’une trentaine de minutes et les différentes cartes Objectif offrent suffisamment de renouvellement pour donner envie de reconstruire un autre Tableau.
Ce que je retiens surtout, c’est l’équilibre entre la forme et le fond. Le jeu est magnifique sur la table, mais il possède suffisamment de petites idées pour que l’on ne passe pas la partie uniquement à admirer ses illustrations.
Le jeu présenté ici nous été gracieusement envoyé par l’éditeur. Mais comme aucun dessous de table n’a été observé, cet article sera aussi bien baigné d’une objective bienveillance comme il pourra se révéler plus acerbe.

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