[Test] Le coupable est… Carnivore! – Des enquêtes sans fil narratifs

















Le Coupable est… Carnivore! ne passe pas par une mise en situation longue ou une histoire développée. On est face à une série d’affaires/énigmes à résoudre, avec un cadre commun : une enquête, des suspects, des témoignages.
La particularité du jeu tient dans sa manière d’aborder ce format. Là où beaucoup de jeux d’enquête reposent sur de la narration, ici tout repose sur des relations logiques. Chaque partie propose un problème à résoudre, sans mise en scène particulière pour guider ou contextualiser davantage.
Il y as pour moi, une volonté de proposer une expérience centrée sur la déduction pure. La question devient assez simple : est-ce que cette approche suffit à porter le jeu sur la durée ?
Mise en place
Une fiche Dossier est choisie selon le niveau de difficulté. Chaque fiche contient plusieurs affaires.
Le nombre de suspects à utiliser est indiqué. Les cartes correspondantes sont placées en cercle sur la table.
Les cartes Témoignage sont ensuite sélectionnées en fonction de l’affaire choisie et placées face cachée à côté des suspects, dans un ordre précis.
Une fois tout en place, les cartes Témoignage sont retournées pour commencer la partie.

Comment on joue ?
Le tour de jeu
Tous les témoignages sont visibles.
Chaque suspect fournit une information. La fiche Dossier indique combien de témoignages sont vrais ou faux.
Les joueurs analysent les informations et tentent de déterminer quels témoignages sont fiables, puis d’identifier le ou les coupables.
Les échanges se font librement en coopératif. En solo, le joueur raisonne seul.
La fin de partie
Lorsque les joueurs pensent avoir trouvé la solution, ils retournent la fiche Dossier sans déplacer la loupe.
Le coupable apparaît dans le filtre de la loupe.
La réponse est validée ou non immédiatement.
En mode campagne, un système d’évaluation basé sur le temps permet d’attribuer un score.

Simplicité des règles
Le cadre général est accessible. Le jeu repose sur un principe simple : croiser des informations et respecter un nombre donné de vérités ou de mensonges.
La difficulté ne vient pas des règles mais de leur application. Certaines formulations demandent d’être interprétées avec précision, notamment les témoignages contenant des conditions ou des quantificateurs.
Le livret anticipe ces cas et propose des clarifications. C’est utile, mais cela montre aussi que le jeu repose sur une lecture rigoureuse.
Les premières affaires permettent de se familiariser avec la logique. La montée en difficulté est progressive.
Le jeu reste accessible à des joueurs occasionnels, mais demande une certaine attention. Ce n’est pas un jeu que l’on explique et joue sans concentration.
Retrouvez les règles du jeu : https://undecent.fr/banque-de-livrets-de-regles/
Matériel et design
Le matériel est fonctionnel.
Les cartes sont lisibles et les informations sont clairement identifiables. Les éléments importants (taille, régime alimentaire, etc.) sont visibles sans effort particulier.
La direction artistique repose sur des animaux anthropomorphes. Cela permet de différencier les suspects tout en donnant un cadre léger au jeu.
La loupe utilisée pour révéler la solution est un ajout simple, mais qui structure bien la vérification.
L’ensemble reste sobre. Il n’y a pas de recherche particulière d’immersion visuelle.
Liste du matériel :
- 7 cartes « Suspect » (63 x 88 cm)
- 50 cartes « Témoignage » (63 x 88 cm)
- 20 fiches « Dossier »
- 1 Loupe
Mécanique
Le jeu repose entièrement sur un système de contraintes logiques.
Chaque témoignage introduit une condition. Ces conditions doivent être compatibles entre elles et avec les indications de la fiche Dossier.
La structure est assez proche d’un problème logique classique : on part d’un ensemble d’informations partielles, et on réduit progressivement les possibilités.
Ce qui distingue le jeu, c’est la gestion du vrai et du faux. Une partie des témoignages est erronée, et il faut déterminer lesquels.
Cela crée une double lecture permanente : comprendre ce qu’un témoignage affirme, puis ce que son éventuelle fausseté implique.
Tous les témoignages n’ont pas le même poids. Certains apportent des informations directes, d’autres sont plus indirects. Leur interprétation dépend souvent du contexte global.
Le jeu introduit progressivement des situations plus complexes : augmentation du nombre de suspects, présence de plusieurs coupables, interactions entre témoignages.
À mesure que la difficulté augmente, il devient difficile de tout traiter mentalement. Le jeu pousse naturellement à organiser l’information, que ce soit en manipulant les cartes ou en structurant son raisonnement.
En groupe, la résolution passe par l’échange. Les joueurs confrontent leurs hypothèses, reviennent sur certaines interprétations, et ajustent leur lecture.
Cela fonctionne tant que la discussion reste équilibrée. Sinon, une personne peut rapidement orienter la réflexion du groupe.
En solo, le jeu devient plus méthodique. Le rythme est différent, mais la structure reste la même.
Le système ne repose pas sur du hasard. Une solution unique existe pour chaque affaire, et elle découle uniquement des informations présentes.
La rejouabilité repose sur le volume d’affaires disponibles. Chaque problème étant indépendant, il est possible d’enchaîner les parties sans contrainte particulière.
Thème
Le thème est présent, mais reste en retrait.
Les animaux, leurs caractéristiques et le cadre de l’enquête servent surtout de support aux mécaniques.
Il n’y a pas de développement narratif. L’immersion repose sur la situation de réflexion plutôt que sur une histoire.
Cela rend le jeu lisible, mais aussi assez abstrait dans son ressenti.
Rangement
Le matériel se range sans difficulté particulière.
Les cartes et les fiches tiennent dans la boîte avec un inset sans contrainte spécifique.
Verdict
Ce que j’ai ❤️
- Une structure logique claire
- Une difficulté progressive
- Un grand nombre d’affaires
- Une expérience qui fonctionne en solo comme en groupe
Ce que j’ai 💔
- Peu d’ancrage narratif
- Certaines formulations demandent une attention constante
- Interaction limitée en coop si un joueur prend le dessus
Conclusion
Le Coupable est… Carnivore! propose une approche très directe de l’enquête.
Le jeu ne cherche pas à raconter, mais à faire résoudre. Tout est construit autour de cette idée.
Il s’adresse surtout à des joueurs qui apprécient les problèmes logiques et les jeux où la réflexion prend le dessus sur le reste.
Dans un cadre posé, avec des joueurs impliqués, il fonctionne bien. Dans un contexte plus détendu ou avec des attentes narratives, il peut laisser une impression plus distante.
Ce n’est pas un jeu qui mise sur l’ambiance, mais sur la rigueur.
Le jeu présenté ici nous été gracieusement envoyé par l’éditeur. Mais comme aucun dessous de table n’a été observé, cet article sera aussi bien baigné d’une objective bienveillance comme il pourra se révéler plus acerbe.
Le jeu présenté ici a été acheté par nos soins.

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