[Test] Adamastor – Espérer arriver au bout

























Adamastor est un jeu solo qui te met dans une position assez simple : avancer ton bateau jusqu’à une destination finale. Rien de plus. Sauf que tout le reste du jeu consiste à t’empêcher d’y arriver.
On est clairement dans une ambiance « grandes découvertes », mais pas version héroïque. Ici, tu galères. Ton équipage doute, la météo te bloque, et tes cartes deviennent autant un outil qu’un problème. Tu ne contrôles jamais vraiment la situation, mais tu n’es jamais non plus complètement passif.
Mise en place
La mise en place consiste à créer une ligne de cartes représentant la carte maritime, avec plusieurs étapes intermédiaires et une destination finale placée à droite. On révèle uniquement la première carte.
On prépare ensuite une pioche de cartes Navigation, dont on révèle trois cartes pour former une ligne d’aventure. Le joueur pioche trois cartes pour sa main de départ.
On place à côté les différentes cartes de référence (météo, événements, coûts de navigation…) ainsi que les jetons.
La météo initiale est déterminée en fonction des icônes visibles sur la ligne d’aventure, ce qui définit immédiatement le nombre d’actions disponibles pour le tour.
Enfin, le bateau est placé au début du parcours.

Comment on joue ?
Le tour de jeu
Chaque tour est structuré en quatre phases : lever du jour, actions, événements, coucher du soleil.
Au lever du jour, on complète la ligne d’aventure à trois cartes et on détermine la météo, qui conditionne le nombre d’actions disponibles.
Pendant la phase d’actions, le joueur peut piocher des cartes, échanger des cartes avec la ligne d’aventure ou naviguer en dépensant des points issus de ses cartes.
La navigation permet de déplacer le bateau sur la carte en fonction du coût des cases, avec des variations selon le terrain et les courants.
Lorsqu’on s’arrête sur certaines cases, on déclenche des rencontres qui apportent des effets immédiats, positifs ou négatifs.
Ensuite, la phase d’événements vérifie des conditions liées aux icônes visibles pour déclencher des effets comme l’apprentissage de compétences ou des pertes de moral.
Enfin, au coucher du soleil, on défausse certaines cartes et on ajuste sa main.
La fin de partie
La partie se termine soit par une victoire, soit par une défaite immédiate.
La victoire arrive dès que le bateau atteint la destination finale sur la carte.
La défaite peut survenir si le moral de l’équipage tombe à zéro (plus de cartes dans la pioche) ou si une mutinerie est déclenchée via les événements.
Le ressenti est assez brutal. Soit tu arrives au bout et tu souffles vraiment, soit tu perds sur un enchaînement d’effets que tu n’as pas réussi à contenir.

Simplicité des règles
Le jeu est plutôt clair, mais pas immédiat.
La structure du tour est logique, les actions sont simples, mais le vrai sujet, c’est les interactions entre les icônes, les événements et les effets de cartes. Là, il faut une ou deux parties pour que tout s’imbrique correctement.
Le livret fait le job, sans être ultra pédagogique. Tu comprends, mais pas forcément du premier coup. Et surtout, certaines erreurs sont fréquentes au début, notamment sur le timing des événements ou la gestion du moral.
Clairement, c’est un jeu pour joueurs initiés. Pas compliqué en soi, mais exigeant dans la lecture du système.
Retrouvez les règles du jeu : https://undecent.fr/banque-de-livrets-de-regles/
Matériel et design
Visuellement, Adamastor est très réussi.
L’illustration de couverture donne le ton : sombre, un peu mystique, avec cette idée que la mer est plus forte que toi. Et ça se retrouve dans les cartes.
Les cartes sont lisibles malgré une bonne densité d’informations. Les icônes sont nombreuses, mais cohérentes une fois assimilées.
Le matériel reste simple, essentiellement des cartes et quelques jetons. Pas d’effet « waouh » côté production, mais une vraie cohérence visuelle et une identité marquée.
Liste du matériel :
- 15 cartes Plan classique
- 3 cartes Plan Destination finale
- 40 cartes Navigation
- 45 cartes Rencontre
- 1 carte Tour de jeu
- 1 carte Coût de navigation
- 1 carte Météo
- 1 carte Événements
- 1 carte Expérience
- 12 cartes Campagne (A à H)
- 4 cartes Sauvegarde de la Campagne
- 1 pion Navire
- 30 pions polyvalents blancs
- 1 fiche Amélioration de Campagne
Mécanique
Adamastor repose sur un système de cartes multi-usages. Chaque carte peut servir à plusieurs choses : être jouée pour naviguer, intégrée à ta main, devenir une compétence ou au contraire un trauma. Ce simple choix de design crée déjà une tension permanente.
Tu ne gères pas une main classique. Tu gères un équilibre fragile entre ce que tu gardes, ce que tu sacrifies et ce que tu subis.
Le cœur du jeu, c’est la gestion de la ligne d’aventure. Ces trois cartes visibles vont conditionner la météo, les événements et tes options. Du coup, chaque échange de carte devient stratégique. Tu ne changes pas juste une carte, tu modifies potentiellement tout le tour suivant.
La météo est un autre élément clé. Elle limite directement ton nombre d’actions. Mauvais tirage, mauvaise combinaison d’icônes, et ton tour devient très pauvre. Ça crée une sensation assez forte : tu subis parfois, mais tu peux anticiper un minimum en manipulant la ligne.
La navigation, elle, est intéressante sans être révolutionnaire. Tu défausses des cartes pour générer des points de déplacement. C’est simple, mais ça pose un vrai dilemme : avancer ou garder des cartes utiles pour plus tard ?
Là où le jeu devient vraiment tendu, c’est dans les événements.
Tout repose sur des seuils d’icônes. Trop de fatigue, trop de maladie, trop de révolte… et tu déclenches des effets négatifs. Mais ces icônes viennent à la fois de la ligne d’aventure ET de tes traumas.
Et c’est là que le jeu te piège.
Chaque trauma que tu prends te pénalise à long terme. Tu deviens plus fragile. Et plus tu es fragile, plus tu déclenches d’événements négatifs. C’est une spirale.
En face, les compétences viennent casser cette spirale. Elles te donnent des bonus, des ajustements, parfois même des contres aux effets du jeu.
Du coup, tu es constamment entre deux dynamiques :
- subir et accumuler des problèmes
- ou réussir à stabiliser et construire quelque chose
Le système de moral est aussi très bien vu. Il est directement lié à ta pioche. Plus tu avances, plus tu consommes ta ressource principale. Et quand elle est vide, c’est fini.
Pas de points de vie abstraits, pas de jauge. Juste ta capacité à continuer.
Le jeu est dur. Parfois un peu trop. Certaines parties peuvent s’effondrer rapidement sans que tu aies vraiment une marge de manœuvre.
Mais c’est aussi ce qui fait son intérêt. Chaque victoire donne l’impression d’avoir survécu, pas juste gagné.
Côté rejouabilité, elle est bonne sans être infinie. Les cartes changent, les situations aussi, mais le cœur du système reste identique. C’est plus un jeu d’optimisation et d’adaptation qu’un jeu de découverte permanente.
Thème
Le thème fonctionne bien.
Il n’est pas narratif au sens classique, mais il est très présent dans les sensations. La perte de moral, les traumas, les événements… tout raconte quelque chose.
On ressent vraiment la pression du voyage. L’équipage qui fatigue, les décisions difficiles, les choix qui ont des conséquences.
Ce n’est pas un jeu d’aventure héroïque. C’est un jeu de survie. Je vais m’attaquer à la campagne avec un lore.
Rangement
Rien de compliqué.
Tout tient dans une boîte, avec insert particulier. Les cartes et les jetons se rangent facilement.
Pas de frustration ici.

Verdict
Ce que j’ai ❤️
- Le système de cartes multi-usages très tendu
- La gestion des icônes et des événements
- La montée en pression progressive
- Le lien mécanique entre moral, pioche et survie
- L’ambiance globale cohérente
Ce que j’ai 💔
- Une difficulté parfois un peu sèche
- Peu de contrôle sur certains enchaînements
- Une prise en main qui demande un petit effort
Conclusion
Adamastor n’est pas un jeu confortable.
C’est un jeu qui te met sous pression, qui te laisse rarement respirer, et qui te demande de faire avec ce qu’il te donne. Pas plus.
Si tu cherches un solo maîtrisé, optimisable, avec une vraie montée en tension, il fait le job. Si tu veux du contrôle total ou une expérience plus narrative, tu risques de rester à distance.
Adamastor, c’est simple : tu avances, tu encaisses… et tu vois si tu tiens jusqu’au bout.
Le jeu présenté ici a été acheté par nos soins.

Si vous avez aimé cet article, vous pouvez soutenir Undécent en effectuant un don à cette adresse :
Vous pouvez aussi souscrire un abonnement premium. Cet abonnement donne accès au discord d’Undécent pour discuter avec l’équipe, à l’inscription automatique à tous les concours ; il double les chances de gagner lors d’un concours publique, donne accès à des concours exclusifs, donne la possibilité de rencontrer l’équipe en privé lors de festivals.
Votre soutien nous aidera beaucoup, à nous déplacer dans les événements, à payer l’hébergement du site etc… cela nous permettra de proposer encore plus de contenu et de meilleure qualité.
En plus c’est déductible des impôts !
Si vous voulez devenir membre de l’association, vous pouvez adhérer ici :
Un énorme merci à tous les membres et donateurs pour leur contribution, vous êtes géniaux !
D’autres avis sur Adamastor :








