[Test] Bunny Kingdom Town — Le royaume lapin passe au format duel !

Nombre de joueurs 2 joueur(s) Editeur iello
Age recommandé 10 ans et + Distributeur iello
Durée moyenne 30 min Auteur(s) Richard Garfield
Date de sortie 05/06/2026
Mécanique(s) Placement d’ouvrier, placement de tuiles, draft ouvert, majorité Illustrateur(s) Jiahui Eva Gao
Thème Lapin, ville, construction
Prix de vente conseillé 24 € chez
Le jeu présenté ici nous a été gracieusement envoyé par l’éditeur. Mais comme aucun dessous de table n’a été observé, cet article sera aussi bien baigné d’une objective bienveillance comme il pourra se révéler plus acerbe.

Dans Bunny Kingdom Town, nous retrouvons l’univers du royaume lapin de son prédécesseur Bunny Kingdom, mais cette fois dans un format exclusivement pensé pour deux joueurs. Ici, deux grandes familles rivales cherchent à fonder la ville la plus prestigieuse du royaume, en construisant des bâtiments, en développant leurs quartiers et en essayant de remporter un maximum de Carottes d’or.

Forcément, le jeu nous attirait dès le départ. Nous avions beaucoup aimé son grand frère, notamment pour son système de draft très accessible, sa montée en puissance et cette sensation très agréable de voir son royaume s’étendre au fil des manches. Nous étions donc assez curieux de voir comment cet ADN allait être adapté dans un format duel !

Et dans l’ensemble, nous n’avons pas été déçus ! Bunny Kingdom Town ne propose pas exactement les mêmes sensations que son grand frère, et ce n’est d’ailleurs pas vraiment ce qu’on lui demande. Mais on retrouve tout de même une partie de son identité : le plaisir du choix, les petites frustrations du draft, les bâtiments qu’on aimerait garder pour soi et ceux qu’on laisse filer à contrecœur. Le tout dans une proposition plus courte, plus directe, mais qui garde bien les pattes dans le royaume lapin !

Mise en place

La mise en place de Bunny Kingdom Town se fait assez naturellement. On installe le plateau Nouvelle Ville au centre de la table, avec sa grille de 5 x 5 cases qui servira de terrain de construction, puis chaque joueur récupère ses lapins et s’installe de part et d’autre du plateau, en bleu ou en orange.

On prépare ensuite les différents éléments communs : les tuiles Bâtiment, les cartes Requête, les pièces, le bois, les ponts, ainsi que le plateau de score. Une carte Mise en place vient déterminer la configuration de départ, avec les premières parcelles disponibles, les architectes à placer sur le plateau et les éventuels ponts déjà présents sur la rivière.

Le tout reste plutôt clair, surtout grâce aux 6 cartes Mise en place qui guident bien l’installation et servent aussi de petits scénarios rejouables. Il y a quelques petits éléments à disposer, mais rien de vraiment laborieux. On peut donc se lancer rapidement pour bâtir sa petite lapinopole.

Comment on joue ?

Dans Bunny Kingdom Town, tout repose sur une mécanique de draft et de placement de tuiles. À chaque manche, les joueurs vont récupérer des tuiles Bâtiment, choisir quand les construire, puis essayer de développer des Quartiers les plus rentables possible. L’idée est de regarder les parcelles disponibles, anticiper ce que l’adversaire pourrait prendre, gérer ses pièces, et surtout construire des Quartiers capables de rapporter beaucoup de Carottes d’or.

Le cœur du jeu vient de cette notion de Quartier. Un Quartier est un groupe de bâtiments connectés orthogonalement, et sa renommée dépend à la fois du nombre d’étoiles actives et de la variété des types de bâtiments présents. Plus un Quartier propose de services différents, plus il devient prestigieux. C’est assez simple à comprendre, mais très malin dans les choix que cela impose : faut-il agrandir un Quartier déjà rentable, en créer un nouveau, bloquer une parcelle intéressante, ou garder un bâtiment en réserve pour un tour plus opportun ?

On retrouve d’ailleurs assez clairement l’ADN de Bunny Kingdom dans cette manière de scorer. Dans le jeu original, on multipliait la force d’un fief par la richesse de ses ressources ; ici, Bunny Kingdom Town transpose cette logique à l’échelle d’une ville, en multipliant les étoiles actives d’un Quartier par le nombre de types de Bâtiments différents qui le composent. Les cartes Requête jouent aussi un rôle très familier : comme les parchemins de Bunny Kingdom, elles restent cachées jusqu’au décompte final et peuvent venir créer de vrais retournements de situation. C’est sans doute là que le lien avec son grand frère se sent le plus fortement : dans cette façon de construire quelque chose de visible sur le plateau, tout en gardant quelques carottes secrètes sous la patte.

À son tour, un joueur doit obligatoirement planifier, c’est-à-dire choisir une tuile Bâtiment disponible et la placer dans sa réserve. Ensuite, il peut construire un ou plusieurs bâtiments s’il le souhaite, en payant les parcelles correspondantes. Chaque bâtiment construit est placé sur la case indiquée par l’architecte, puis on y pose un lapin de sa couleur pour montrer qu’il nous appartient.

Après une construction, on active le Quartier concerné. C’est à ce moment-là que l’on applique certains effets de bâtiments et que l’on calcule la renommée du Quartier pour gagner des Carottes d’or. On peut aussi fabriquer des Améliorations durant son tour, en dépensant du bois, afin d’obtenir des bonus utiles pour la suite de la partie.

Ce qui rend le tour intéressant, c’est qu’il faut souvent choisir entre construire tout de suite ou garder un bâtiment en réserve pour plus tard. Une parcelle trop chère peut devenir plus accessible au tour suivant, un meilleur emplacement peut apparaître, ou l’adversaire peut nous couper l’herbe sous la patte.

La fin de partie

La partie se joue en quatre manches. Chaque manche continue jusqu’à ce que toutes les tuiles Bâtiment disponibles aient été prises. Une fois la quatrième manche terminée, on passe au décompte final.

Les joueurs révèlent alors leurs cartes Requête et marquent les Carottes d’or correspondantes s’ils remplissent les conditions demandées. C’est souvent à ce moment-là que la partie peut basculer, puisque certaines Requêtes préparées discrètement pendant la partie viennent récompenser une orientation que l’adversaire n’avait pas forcément vue venir.

Le joueur qui possède le plus de Carottes d’or devient le maire de la nouvelle ville et remporte la partie. En cas d’égalité, c’est le joueur avec le plus de pièces restantes qui l’emporte.

Légende des Meeples

Simplicité des règles

Du côté des règles, Bunny Kingdom Town est une vraie réussite. Le livret est très agréable à lire, bien structuré, très illustré, et surtout suffisamment clair pour qu’on comprenne rapidement où le jeu veut nous emmener. Les exemples visuels aident beaucoup et les petites illustrations qui accompagnent les pages participent aussi à l’ambiance générale.

Le glossaire final est également très appréciable. Il permet de retrouver facilement les effets des tuiles Bâtiment et des Améliorations en cas de doute, sans avoir à fouiller tout le livret pendant la partie. C’est simple, pratique, et exactement le genre de détail qui fluidifie les premières parties.

Le livret se lit vite, en une petite vingtaine de minutes, et l’explication à de nouveaux joueurs se fait très bien. En moins de dix minutes montre en main, on peut présenter l’essentiel : planifier, construire, activer un quartier, fabriquer des améliorations, puis surveiller ses Requêtes. Et si les joueurs connaissent déjà Bunny Kingdom, les passerelles sont assez naturelles à faire, notamment sur le draft, le scoring et les objectifs cachés. Franchement, rien à redire de ce côté-là.

Retrouvez les règles du jeu : https://undecent.fr/banque-de-livrets-de-regles/

Matériel et design

C’est clairement l’un des gros points forts de Bunny Kingdom Town. Pour une boîte vendue autour de 25 €, on a vraiment une édition très généreuse : des lapins en bois, des tuiles en carton bien épaisses, des cartes de bonne qualité, deux plateaux, des jetons, des ponts, des architectes… Franchement, le rapport qualité-prix est excellent. On est typiquement dans ces jeux qui, pour moins d’une trentaine d’euros, donnent immédiatement l’impression d’en avoir pour son argent.

Visuellement, Bunny Kingdom Town reste dans un univers très coloré, très cartoon, avec ce petit côté royaume lapin qui fonctionne toujours aussi bien. Les illustrations ne cherchent pas à être spectaculaires, mais elles ont ce qu’il faut de rondeur, de fantaisie et de lisibilité pour installer l’ambiance. On retrouve une vraie cohérence entre les bâtiments, les parcelles, les petits lapins en bois et cette idée de ville en construction. C’est mignon, clair, et ça donne envie de bâtir sa lapinopole.

Afin de rentrer dans l’univers de Bunny Kingdom Town et de poser les premières fondations de notre ville, nous aurons besoin de :

  • 1 plateau Nouvelle Ville
  • 1 plateau de Score
  • 30 jetons Pièce
  • 16 jetons Bois
  • 5 pions Architecte
  • 4 jetons Pont
  • 32 pions Lapin, dont 16 pour le joueur bleu et 16 pour le joueur orange
  • 16 tuiles Amélioration
  • 25 cartes Parcelle
  • 6 cartes Mise en place
  • 30 cartes Requête
  • 30 tuiles Bâtiment
  • 1 règle du jeu

Mécanique

Mécaniquement, Bunny Kingdom Town repose sur une base très simple : du draft de tuiles, du placement sur un plateau commun, et une logique de quartiers à optimiser. Le jeu fonctionne vraiment sur cette tension permanente entre ce que l’on veut faire, ce que l’on peut se permettre de payer, et ce que l’on ne veut surtout pas laisser à l’adversaire.

La bonne idée, c’est que le jeu garde bien l’ADN de Bunny Kingdom, mais à une autre échelle. Le scoring par multiplication fonctionne toujours très bien, on cherche à associer des étoiles actives avec différents types de bâtiments, et cette petite formule donne rapidement envie de faire grossir ses quartiers, de les diversifier, ou au contraire de couper l’herbe sous la patte de l’autre joueur. Le jeu est simple dans ses règles, mais il demande une vraie lecture du plateau.

La rejouabilité est aussi un vrai point positif. Les six cartes Mise en place proposent six départs différents, avec à chaque fois un petit texte d’ambiance et une configuration de départ qui change réellement la manière d’aborder la partie. Parfois, on démarre plutôt autour des bois, parfois près de la rivière, parfois chacun davantage dans son coin. Rien que pour ça, on a envie d’essayer les six scénarios et donc de faire au moins six parties de Bunny Kingdom Town.

À cela s’ajoute l’aléatoire des tuiles et des parcelles. Même si les premières parcelles sont définies par le scénario choisi, la suite de la partie dépend beaucoup de ce qui sortira progressivement. Et c’est là que le jeu montre aussi sa principale limite. Sur une dizaine de parties jouées, nous avons eu quelques parties vraiment déséquilibrées, où l’un des deux joueurs semblait recevoir beaucoup plus souvent les bonnes opportunités : les bonnes coordonnées, du bon côté, au bon moment, pour agrandir ses quartiers sans trop d’effort. Comme on ne peut prendre qu’une parcelle à son tour, un mauvais enchaînement peut vite donner l’impression de subir la partie.

Ce n’est pas systématique, heureusement, mais c’est suffisamment visible pour être mentionné. Le coût des parcelles, même avec cette idée de piste où les cartes deviennent moins chères avec le temps, ne compense pas toujours ce déséquilibre. Et dans ces parties-là, l’écart peut se creuser très vite. On continue à jouer, bien sûr, mais on sait déjà que les cartes Requête ne suffiront pas à inverser la tendance au moment du scoring final. C’est un peu frustrant, surtout dans un jeu durant une trentaine de minute, où l’on aimerait que chaque duel reste tendu jusqu’au bout.

Pour le reste, Bunny Kingdom Town tourne vraiment très bien. Malgré cette réserve sur l’aléatoire, il fait clairement partie des bons jeux à deux sortis récemment. Il est assez rapide, malin, interactif, et réussit à proposer une vraie variation à deux joueurs de Bunny Kingdom !

En résumé

Bunny Kingdom Town réussit très bien son passage au duel. Le jeu garde une vraie parenté avec Bunny Kingdom, notamment dans son draft, son scoring multiplicatif et ses objectifs cachés, tout en proposant une expérience plus courte et plus frontale. C’est malin, rapide, agréable à rejouer grâce aux différents scénarios, mais pas totalement exempt de frustration : certaines parties peuvent être un peu trop marquées par l’ordre de sortie des parcelles. Rien qui gâche l’ensemble, mais un petit déséquilibre à garder en tête.

Thème

Le thème de Bunny Kingdom Town reste assez léger, mais il fonctionne bien dans ce que le jeu cherche à faire. On retrouve l’univers très doux et cartoonesque du royaume lapin, cette idée de familles rivales qui veulent bâtir la plus belle ville possible, et tout le vocabulaire autour des quartiers, des bâtiments, des architectes ou des Carottes d’or aide à installer une ambiance agréable. Ce n’est pas un jeu immersif au sens fort, mais il a une vraie petite identité.

Le rapport mécanique-thème reste très anecdotique. Le thème est quand même très plaqué à la mécanique de jeu, mais grâce à son univers mignon et lisible, on prend tout de même plaisir à voir sa lapinopole grandir petit à petit.

Rangement

Une fois la lapinopole créée, il s’agit de ranger tout ce petit monde, et là encore, Bunny Kingdom Town s’en sort très bien. La boîte fournit plusieurs petits sachets plastiques, permettant de trie facilement le matériel.

À l’intérieur, on retrouve aussi un petit insert en carton, simple mais parfaitement suffisant, avec deux compartiments bien dimensionnés. D’un côté, on peut ranger les cartes et les tuiles ; de l’autre, le matériel, les pions Lapin, le plateau Nouvelle Ville et le plateau de score. Rien de luxueux, mais c’est pratique, propre, et surtout parfaitement adapté au contenu de la boîte. En somme, pour le rangement aussi, c’est un sans-faute.

Verdict

Ce que j’ai ❤️

  • Un excellent rapport qualité-prix, avec un matériel très généreux pour ce format.
  • Une vraie adaptation de l’ADN de Bunny Kingdom dans un jeu de duel.
  • Les six scénarios de départ, qui donnent envie de relancer rapidement une partie.

Ce que j’ai 💔

  • Certaines parties peuvent être déséquilibrées par la sortie aléatoire des cartes Parcelle.
  • Les cartes Requête ne suffisent pas toujours à créer un vrai retournement final.
  • Un thème agréable, mais qui semble plaqué à la mécanique.

Conclusion

Pour conclure, Bunny Kingdom Town est une très belle surprise. Le jeu reprend une partie de ce qui faisait le charme de Bunny Kingdom, tout en proposant une expérience plus courte, plus directe et parfaitement pensée pour deux joueurs. Même si, à notre sens, il existe d’autres jeux de duel que l’on préférera parfois sortir sur ce format d’une trentaine de minutes, Bunny Kingdom Town intègre notre ludothèque, ne serait-ce que pour venir compléter cette famille de jeux Bunny Kingdom !

Le jeu présenté ici nous été gracieusement envoyé par l’éditeur. Mais comme aucun dessous de table n’a été observé, cet article sera aussi bien baigné d’une objective bienveillance comme il pourra se révéler plus acerbe.

Hello asso

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