[Ressenti] Clichés criminels – trois enquêtes à résoudre, des photos à décrypter







Clichés Criminels, c’est un projet de longue haleine, développé bien avant que le marché ne soit envahi par la vague des jeux d’enquête type Detective Stories ou Dossier Criminel.
Blue Cocker travaillait déjà sur ce concept quand les jeux narratifs et les expériences immersives n’étaient pas encore à la mode. Le cœur du projet reposait sur une idée simple mais ambitieuse : faire de la photo un véritable support d’enquête.
Ici, pas de jetons, pas de cartes d’événements, pas de mécanique à moteur. L’expérience tient dans la discussion et dans la construction collective d’une théorie.
L’interface web ne sert qu’à encadrer la partie : écouter la commissaire, répondre à ses questions, confronter vos hypothèses. Tout le reste se passe autour de la table, à observer, débattre et douter ensemble.
Clichés Criminels ne cherche pas à reproduire un épisode de série policière, mais à recréer ce moment où un groupe de gens essaie vraiment de comprendre ce qu’il voit.
Qu’est ce qu’on trouve dans la boîte ?
- 3 Scénarios

𝑫𝒆 𝒒𝒖𝒐𝒊 𝒄̧𝒂 𝒑𝒂𝒓𝒍𝒆 ?
Dans Clichés Criminels, vous incarnez une équipe de détectives privés appelée par la police pour donner un coup de main sur trois affaires. Chaque scénario est contenu dans une enveloppe qui renferme des clichés photographiques de la scène, quelques documents et relevés, et parfois des indices indirects.
Dès que vous ouvrez l’enveloppe, tout le jeu est là, sous vos yeux. Il n’y a rien à débloquer, rien à révéler : les pièces du puzzle sont posées dès le départ, et c’est à vous de les assembler.
Le site compagnon sert de lien avec la commissaire Stobbart, qui introduit chaque affaire et vous interroge une fois votre théorie prête. Elle ne donne pas d’indices supplémentaires (sauf si vous bloquez), elle évalue simplement votre capacité à relier les faits, à comprendre les motivations et à reconstituer le déroulé du crime.
C’est une approche très minimaliste du jeu d’enquête, sans scénario linéaire ni structure narrative imposée. La progression ne vient pas du matériel, mais du raisonnement collectif. On observe, on confronte, on déduit, et parfois on se trompe complètement, ce qui fait aussi partie de l’expérience.
Là où beaucoup de jeux misent sur la narration ou la collecte d’indices successifs, Clichés Criminels se concentre sur la pure logique d’observation.
Un parti pris audacieux qui donne une saveur très particulière à chaque affaire.
𝑴𝒊𝒔𝒆 𝒆𝒏 𝒔𝒊𝒕𝒖𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏
On s’installe autour de la table, on lance le message d’intro de la commissaire Stobbart, et le ton est donné : l’enquête commence.
On ouvre l’enveloppe correspondant à l’affaire, et on découvre plusieurs photos, quelques photocopies de rapports ou de relevés, parfois une note manuscrite ou un extrait de journal. Tout est là, accessible dès le départ.
Chaque joueur prend le temps d’observer, de commenter, d’échanger. On pose les clichés côte à côte, on tente de reconstituer la chronologie ou la logique des lieux. Certains éléments semblent évidents, d’autres beaucoup moins.
Le site compagnon sert ensuite à présenter la commissaire et à valider les hypothèses. Une fois la théorie du groupe prête, on y répond à une série de questions. Si certaines réponses paraissent claires, d’autres soulèvent de nouveaux doutes, et il n’est pas rare de revenir fouiller les documents pour vérifier un détail ou confronter deux interprétations.
L’expérience se joue entièrement sur ce va-et-vient entre observation, raisonnement et échange. Le rythme dépend du groupe, du niveau d’implication et du temps qu’on veut y consacrer. Certaines affaires se résolvent rapidement, d’autres demandent de longues discussions avant d’oser valider une conclusion.
𝑳𝒆 𝒓𝒆𝒔𝒔𝒆𝒏𝒕𝒊
Clichés Criminels ne ressemble pas à la majorité des jeux d’enquête récents. Ici, pas de texte narratif ni de révélations progressives : tout repose sur l’analyse visuelle et la discussion entre joueurs. Cette approche peut désarçonner au début, mais elle crée une forme de concentration. On observe, on argumente, on remet en question, et la progression se fait uniquement par le raisonnement collectif.
Le jeu prend tout son sens à plusieurs, avec des profils de joueurs différents. Certains vont repérer les détails, d’autres proposer des hypothèses globales ou remettre en question les certitudes du groupe. C’est un jeu d’écoute et de débat, plus que de déduction pure.
Un autre aspect intéressant, c’est la présence de clins d’œil au monde ludique : certains lieux évoqués parlent aux joueurs assidus, et plusieurs visages sur les photos appartiennent à des figures bien connues de l’édition ou du milieu du jeu. Ces références créent un lien amusant pour qui les reconnaît, sans jamais casser l’immersion.
Le ton général reste sobre, presque réaliste, et c’est ce qui rend les moments de justesse particulièrement satisfaisants. Lorsqu’on parvient à formuler une théorie solide, on ressent une vraie fierté, pas celle d’avoir « gagné », mais celle d’avoir compris ensemble.
Conclusion
Clichés Criminels occupe une place un peu à part dans le paysage des jeux d’enquête. Conçu bien avant la vague actuelle des expériences narratives, il se retrouve aujourd’hui dans une position ambiguë : plus dépouillé que les titres récents qui misent sur des supports audio, vidéo ou des applications immersives, mais toujours solide dans sa proposition.
Le jeu ne cherche pas à impressionner par la technologie ni à enchaîner les rebondissements. Il propose une forme d’enquête plus brute, centrée sur l’observation, la cohérence et le travail collectif.
Alors oui, face à des jeux qui racontent davantage et qui enveloppent le joueur dans une ambiance plus forte, Clichés Criminels paraît parfois plus froid. Pourtant, autour de la table, les joueurs se prennent vite au jeu. Les discussions, les hypothèses, les débats sur un détail de photo ou une phrase ambiguë créent une vraie dynamique de groupe.
Malgré un style plus austère, les enquêtes fonctionnent. Les joueurs sortent satisfaits, souvent surpris d’avoir trouvé autant de matière dans des images immobiles et quelques feuilles. C’est un jeu qui mise sur l’intelligence collective plutôt que sur le spectacle, et ça, même aujourd’hui, ça garde une vraie valeur.
Petit anecdote, pour l’occasion le Cocker bleu (le logo de l’éditeur) devient noir !
Retrouvez les règles du jeu : https://undecent.fr/banque-de-livrets-de-regles/
Le jeu présenté ici nous été gracieusement envoyé par l’éditeur. Mais comme aucun dessous de table n’a été observé, cet article sera aussi bien baigné d’une objective bienveillance comme il pourra se révéler plus acerbe.

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