[Entretien avec] Corentin Lebrat

Aujourd’hui j’ai l’immense plaisir d’interviewer Corentin Lebrat, un auteur prolifique. Membre de la team Kaedama aux côté de Théo Rivière, Antoine Bauza et Ludovic Maublanc, Corentin est l’auteur notamment de Flyin’ Goblins chez Iello,  Fou Fou Fou chez Kyf Editions, Mia London et l’affaire des 625 Fripouilles chez Scorpion Masqué, Draftosaurus chez Ankama ou encore Super Cats chez Grrre Games.

Salut Corentin, tout d’abord, un énorme merci d’avoir accepté cette interview!

Bonjour Arnaud, tout le plaisir est pour moi 🙂

Depuis combien de temps exerce-tu le métier d’auteur de jeux? Que faisais tu avant?

J’ai sorti mes premiers jeux en 2012. Avant cela, je passais un Master Criminalistique. Ensuite, en parallèle de la création ludique (et ce jusqu’en 2018), j’ai travaillé dans un laboratoire d’analyse de l’eau.

Depuis 2018 je m’adonne à temps plein au monde ludique que ce soit en tant qu’auteur ou que membre de la team Kaedama.

J’ai eu une grande page blanche ludique de 2013 à 2015 avec la naissance de mes deux enfants. Mais, depuis, je suis reparti de plus belle, bien décidé à ne pas m’arrêter en si bon chemin.

Peux tu nous expliquer ce qu’est Kaedama et pourquoi vous avez décidé de monter cette société?

Avec Kaedama, nous apportons notre savoir faire aux éditeurs désireux d’améliorer leurs prototypes ou de concevoir des jeux de commande. 

Dans l’équipe, nous nous complétons vraiment bien, j’en veux pour preuve les multiples jeux que nous avons créé l’un avec l’(les) autre(s) en dehors de Kaedama.

Créer est un processus assez intime. C’est donc tout naturel que, pour co-créer, il faille des liens forts et complémentaires avec la ou les personnes en question.

La création de Kaedama est née du constat que trop de jeux sortants sur le marché ne nous semble pas aboutis ou ne vont pas au bout de ce qu’ils proposent. Certains ont même de gros problèmes d’ergonomie, gâchant le plaisir d’y jouer.

Nous espérons pouvoir apporter notre pierre à l’édifice en proposant aux éditeurs un regard extérieur et aguerri afin d’éliminer toutes les petites scories qui pourraient encore nuire à leur jeu.

Peux tu nous expliquer ton processus de création?

Je n’ai pas de schéma prédéfini. 

Parfois il m’arrive d’avoir une idée intéressante et de, tout de suite, fabriquer un prototype pour la tester. D’autres fois, je laisse cette idée mariner au fond de mon crâne pendant plusieurs jours. Il arrive aussi que certaines idées germent de discussions avec des collègues auteurs, dans ce cas le travail démarre directement en co-autorat. Bref je me laisse guider par les idées, les envies et les contextes. Ça me semble être la façon la plus saine de faire, afin de garder une certaine insouciance, de ne pas tomber dans une routine de création où je devrai m’imposer des objectifs.

Bien sûr, cette façon de faire ne peut pas s’appliquer totalement à mon travail au sein de Kaedama, puisqu’en tant que société nous devons répondre à des cahiers des charges et des deadline.

Quel est le jeu que tu as créé qui t’a posé le plus de problèmes? Pourquoi?

Certains prototypes qui nous plaisent bien au départ, demande à être complètement cassé et reconstruit d’une autre manière afin de le pousser dans ses derniers retranchements. Ces sont toujours des moments difficiles car personne n’est là pour nous dire si c’est la bonne ou la mauvaise décision à l’instant T. Nous travaillons actuellement, avec Antoine Bauza, sur un prototype que l’on aime beaucoup, mais qui aura demandé 6 ou 7 versions (en 3 ans de développement) pour enfin atteindre, on l’espère, sa version finale.

Plus que des problèmes ce sont plutôt des remises en questions à chaque fois douloureuses. FouFouFou en est aussi un bon exemple puisque pendant ses 4 ans de développement il est passé dans les mains de plusieurs éditeurs, à chaque fois sous des formes assez différentes (pour terminer dans les douces et confortables mains de KYF éditions).

Quelle est ton jeu préféré en tant que joueur? pourquoi celui là?

Dur ça… en fonction du contexte et du moment la réponse changerait. Mais je dois dire que j’ai une affection particulière pour la plupart des jeux de Vlaada Chvatil et notamment pour Galaxy Trucker ! Je rêve en secret d’une remise au goût du jour (en tout cas pour le rendre moins sombre visuellement).

[Entretien avec] Corentin Lebrat

Peux tu nous lâcher une exclu?

Je ne sais pas à quel point ce sont des exclus mais je peux dire deux petites choses :

Cette année je sors mon premier jeu en collaboration avec Bruno Cathala, chez Lumberjacks Studio. Pour le moment son nom est Trek12 et il s’agit d’un Roll and Write un peu particulier.

En 2021, nous devrions sortir, avec Théo Rivière,  chez Cojones Prod, un jeu assez irrévérencieux du nom de Devil’s Pact.

Et il y aussi ce prototype, en cours de développement, avec Antoine Bauza qui s’adresse aux enfants et qui possède un concept qui nous plaît beaucoup.

Pour continuer cet interview, je te propose de sortir le jeu “Questions de Merde”

Je tire 3 cartes,

Voici les questions de la première carte:

De quelle boulette es-tu le spécialiste?

J’oublie assez souvent (notez l’euphémisme) les choses matérielles : mes clés, un prototype, un jeu que j’ai emprunté et que je devais ramener, etc etc.

Si tu devais renaître demain en fantôme, quel endroit irais-tu hanter?

Sûrement La cafetière (notre atelier d’auteurs) pour voir si Ludovic Maublanc est enfin passé Légende à Hearthstone 🙂

Quelle serait ta première décision en tant que Président?

Le premier jour de mon élection, j’interdirai les Bichons à Terraforming Mars. 

Les questions de la deuxième carte:

Devant quel film est-il inhumain de ne pas pleurer?

Je sais pas si ce serait inhumain, mais en tout cas moi, il est impossible que je ne pleure pas devant Totoro (et j’ai deux ou trois passages déclencheurs 🙂 ). Mon voyage au Japon en famille et la nostalgie qui en découle a accentué ce fait.

Pour quel objet égaré serais-tu prêt à fouiller les poubelles?

Les clés que j’ai perdu il y’a quatre questions 😉

Qu’as tu fait juste pour faire plaisir à ta maman?

J’ai mangé des huîtres avec elle cette année. Je n’aimais pas ça et c’était sa grande tristesse de n’avoir jamais pu en partager avec moi. J’ai appris à les aimer il y a 3 ans, du coup on a réparé ce manquement.

Enfin la dernière carte:

Qu’est ce qui prouve que tu es bien élevé?

Je laisse toujours commencer mes enfants aux jeux de société.

A ton avis, que dit ton horoscope en ce moment?

Il doit sûrement me dire : « tu crées des jeux ? T’en as d’la chance toi non ? »

Que dirais tu au père Noël si tu le croisais?

Comment tu fais maintenant que plus personne n’a de cheminée ?

Merci infiniment Corentin d’avoir répondu à ces questions! J’ai hâte de découvrir ton prochain jeu!

Chers lecteurs, si vous avez aimé les questions de cette interview, vous pouvez les retrouver dans le jeu “Question de Merde” édité chez Le Droit de Perdre.

questions de merde
[Entretien avec] Corentin Lebrat

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2 réponses

  1. 8 avril 2020

    […] travailler et il a donc aménagé un ancien bistrot en atelier de travail. Antoine, son épouse, Corentin ( Lebrat ) et Ludovic ( Maublanc ) y travaillent (presque) quotidiennement. J’y passe un peu tous les mois […]

  2. 20 avril 2020

    […] Fou Fou est également un party game, Théo Rivière et Corentin Lebrat, où les joueurs vont réaliser de petits défis pour ne pas être exclus de l’hôpital […]

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