[Festival] Retour sur Jeux et Cie – 2025 – Caméléons d’Or et compagnie

La 13ème édition du festival Jeux et Cie s’est tenue au Centre des Congrès d’Epinal, avec comme l’an dernier 6500 m² de stands et 500 tables de jeux s’il vous plait.

Epinal est devenu en quelques années le 4ème festival du jeu de France. Et cette année ne dérogera pas à la règle avec une fréquentation toujours importante. Il y avait 15 500 joueurs en 2024, surement autant en 2025. Dimanche après-midi, il n’était pas évident de trouver une place à une table dans la zone démo éditeurs sans tourner un bon moment. Tant mieux pour l’engouement que le jeu représente, mais un peu frustrant évidement si l’on recherche un jeu en particulier.

Organisé par l’association Pl’Asso Jeux d’Epinal et sa soixantaine de bénévoles qui a su fédérer plusieurs autres associations (exemple : Geekrex), le festival a encore permis de faire jouer, jouer et encore jouer.

Ce sont au total plus de 250 bénévoles qui ont œuvré avant et pendant le week-end.

Avec une petite nouveauté : certains animateurs ont été formé à la LSF (Langue des signes française) pour plus d’accessibilité pour petits et grands mal entendants (ou pas d’ailleurs).

Au total ce sont 150 partenaires ludiques qui ont pris part à cette fête du jeu.

Avec des démarches originale comme la présence du collectif Raison d’être qui interroge les liens entre culture, jeux et paix.

Avec plein de tee-shirt orange pour nous accueillir et animer de nombreuses tables.

Des espaces de jeux différents étaient mis en place : jeux de plateau, de cartes à collectionner, de rôle, de figurines (avec atelier peinture), des jeux classiques, jeux du monde, jeux anciens, des jeux d’adresse, un espace dédié aux enfants, une grande zone prototype de plus de 30 tables, des événements comme des murder party ou des escape games.

Du – presque – classique maintenant pour un festival de cette ampleur.

La 2ème édition de la game jam a vu se confronter le vendredi, de 17h à 3h du matin, des équipes de deux auteurs de jeux tirées au sort qui se sont mises au défi de créer un jeu entièrement inédit en moins de 10h. Ca pique.

Une game jam avec forcément des contraintes :

Le jeu :

🦆 Kwack Boom ! 💣 / 👨‍👩‍👧 pour 3 à 5 joueuses / ⏱ 15 – 20 minutes 🎂 Tout public

« Kwack Boom ! est un jeu compétitif dans lequel les joueuses se passent une bombe représentée par un tas de cartes. Selon ce que les joueuses ajoutent dans le tas de cartes, la bombe explosera plus ou moins tôt – sans que les joueuses ne le sachent précisément. A tout moment, une joueuse peut refuser de recevoir la bombe si elle estime que le délai d’explosion est dépassé. A ce moment-là, on vérifie si la bombe a explosé ou non. Attention, trop de prudence ou pas assez peut vous faire perdre !

Information complémentaire : La bombe est cachée dans un canard en plastique. »

Dans le jeu qui sortira gagnant, imaginé par Marie-Line et François, il y a une histoire de timer, de fil à couper, de patate chaude (un peu à la tic tac boom) et d’échelle d’angoisse qui ajoute des contraintes.

Cela faisait déjà quelques temps que Dan Thouvenot avait parlé de la volonté de décerner un prix pour les illustrateurs de jeux de société lors du festival d’Epinal, et ce fut chose faite en 2024 avec la première édition du Caméléon d’Or

Un jury de 5 personnes devait juger le travail fait sur les couvertures de boîtes de jeux (certaines envoyées par les éditeurs, d’autres que le jury avait proposé). Et il en ressort une chose : ce fut dur de les mettre d’accord tellement leur sensibilité artistique et leur background étaient différents. Il faut dire que l’on y trouvait un éditeur/auteur/graphiste (Dan Thouvenot), un illustrateur (Jean-Baptiste Monge), une personne provenant de la presse ludique (Tatiana Dronjak aka Girl Dot Com), un auteur (Manuel Rozoy) et le président des Imaginales d’Epinal et illustrateur (Gilles Franscescano)

Il y avait 5 catégories comme l’an dernier :

  • Enfant,
  • Famille,
  • Expert,
  • Prix du public
  • Catégorie Espoir qui correspond à l’illustration du jeu primé de la game jam.

Ils ont encore eu une nuit courte (et encore le matin même) pour faire leur choix parmi les jeux sélectionnés et surtout parmi les 27 illustrations réalisées pour le jeu vainqueur de la game jam (puisque celles-ci se sont terminées samedi soir).

Le public, lui, a pu voter tout le samedi de 10h à 22h pour le prix public.

Invité pour UnDéCent pour cette cérémonie de remise des trophées le dimanche après 11h, c’est avec ma femme que nous rejoignons éditeurs, bénévoles, membres de la presse et même le public étaient conviés dans la salle feutrée de l’auditorium.

Une cérémonie teintée d’humour de qualité, avec un maitre de cérémonie en la personne de Matthieu Lanvin (directeur éditorial chez Blue Orange, auteur du jeu Edenia) qui saura user de calembours de haute volée dont il a le secret.

Et quoi de mieux qu’une première citation de son crue pour nous mettre dans l’ambiance :

Si le caméléon dort si bien, c’est qu’il a une belle couverture.

Lors de cette cérémonie, entrecoupée de quiz, les membres du jury sont venus commenter la remise de leurs trophées.

Les trophées originaux ont été réalisés par Francis Cuny, artiste vosgien, dont les créations uniques en bois ont chacune été réalisées à partir d’un bloc de bois.

  • Trophée Catégorie Enfant remis par Jean-Baptiste Monge

ANIMOTS, illustré par Weberson SANTIAGO, édité par Space Cow.

  • Trophée Famille remis par Tatiana Dronjak

HARMONIES, illustré par Maëva DA SILVA, édité par Libellud.

  • Catégorie Expert

UNCONSCIOUS MIND, illustré par Vincent DUTRAIT & Andrew BOSLEY, édité par Lucky Duck Games.

  • Le Trophée Espoir ?

Initiative des plus louable, avec à la clé – pour les gagnants et participants – des accès à des formations de painting digital, des bons petits paniers garnis, une exposition aux Imaginales d’Epinal. Et donc un peu de visibilité !

C’est une jeune étudiante en école d’Art d’Epinal, Liam Caspian qui réalise la couverture retenue parmi les 27 travaux proposés. Je n’en suis pas hyper fan mais en même temps je ne suis pas le jury. Et les goût et le couleurs … En tout cas bravo au trio de tête.

Les 2ème et 3ème ne sont pas mal du tout, avec les travaux de Manu’Art qui termine deuxième comme l’an dernier et Gilles de Cleer qui a raté la première marche pour un coup de crayon, dirons-nous, mal placé.

Voici les autres prestations, dont celle de ma fille – je ne vous dirai pas laquelle, à vous de trouvez ! Peut-être un indice sur le post facebook de Jeux et Cie ! www.facebook.com/Jeux.et.Cie.Epinal/posts/1658633021707714

  • Et qu’a décidé le public ?

Initiative louable, sur la zone des vote les urnes étaient surmontée des œuvres montrées comme des tableaux, donc comme des œuvres d’art et pas uniquement comme des couvertures de boites de jeux. Et c’est ce qui est encore ressorti des impressions des uns et des autres : Quand le jeu de société sera-t-il réellement considéré comme un objet culturel au même titre que le jeu vidéo pour ne cité que lui ? Une plaidoirie menée par Manuel Rozoy.

Ce sont au total 1200 jetons qui ont atterris au fond des urnes. Nous pouvons donc dire que le gagnant est assez représentatif de ce qui a plu au public. Et le résultat n’est pas forcément celui attendu.

Le public qui a voté toute la journée du samedi a porté son choix sur ARBOREA, localisé/édité par Pixie Games, mais surtout illustré par Nicolas GENDRION.

Une des illustrations les plus dissonante à mon goût par rapport au reste. Je n’aurais pas imaginé que le public porte son choix sur cette couverture.

La remise du Trophée Prix du Public par Manuel Rozoy.

Conclusion

Une deuxième édition des Trophées des Caméléons très réussie qui ne demande qu’à confirmer son statut de prix des illustrateurs en attirant encore plus d’éditeurs prêts à jouer le jeux et autant d’illustrateurs (près de 50 inscrits au départ pour 27 travaux rendus) pour le Trophée Espoir.

Clairement nous avons plus déambulé, échangé, que joué. Toutes les tables des jeux que nous voulions jouer étaient occupées.

Azul Duel – Next Move – Asmodée

Dans les jeu déjà édités, sur le stand Asmodée, nous avons fait une partie d’Azul Duel qui nous a donné bonne impression (hormis le matériel un peu léger au niveau des plateaux de jeu). Il est très accessible tout en restant assez stratégique.

C’est un vrai affrontement, tendu, où vous croisez les doigts pour que votre adversaire ne vous vole pas LA tuile convoitée (c’était déjà le cas dans Azul). Alors certes, rien de révolutionnaire et un bon surf sur la tendance des jeux à deux.

Pour ceux qui connaissent déjà Azul, la mécanique est à 80% la même mais avec avec l’ajout des plateaux Dôme, qui imposent une nouvelle contrainte de placement, et des jetons bonus, qui offrent des moyens de se rattraper, le jeu prend une tournure plus tactique avec une interaction un peu plus marquée.

Si vous n’avez pas Azul et que vous ne jouez qu’à deux, Azul Duel remportera votre suffrage, sans hésiter.

Nous vous en reparlerons rapidement sur UnDéCent avec un test fait par Olivier.

De futurs projets presque secrets chez Fish in the Sea – Néoludis

A force de tourner en rond, nous avons décidé d’aller voir les nouveaux projets de l’éditeur mosellan Fish in the Sea.

Fish in the Sea n’a plus de secret pour nous. Nous l’avons rencontré à plusieurs occasions et nous nous sommes donc attardés sur le stand, à l’entrée du salon – donc un peu aux courants d’air ce qui pourtant n’a pas du tout fait fuir le public qui a joué en non stop a son premier jeu édité : Toko Maja. Nous en avons déjà parlé à l’occasion de son financement participatif. C’est par ici => [Preview/Ulule] Toko Maja

Mais ce qui a retenu notre attention, Nous avons joué à deux protos dont on ne peut pas parler. Il sont en début développement, et les auteurs n’ont pas forcément donné leur aval pour en parler.

  • Il y a avait un bon jeu de défausse que l’on doit à Lionel Tchatoun,
  • Et un jeu de collection avec un principe de pioche à prise de risque dans une rivière de cartes, avec la révélation immédiate d’une autre carte remplçant celle qui vient d’être prise et un système de scoring immédiat en fonction de ce que l’on voit dans son espace de jeu et sur la rivière. Il manquait encore un petit peu de challenge, mais il tournait pas mal à trois joueurs pour un public très familial.

Toko vs Maja – un enième jeu à deux ?

Tournons nous maintenant vers le jeu qui sera prochainement édité par l’équipe Fish in the Sea (Clément et Johann) qui fait suite à Toko Maja puisqu’il s’agit d’une version deux joueurs drapée de blanc et de noir intitulée Toko Vs Maja.

Toko Maja se jouait déjà à deux mais là, il y a du changement.

Le principe sera le même qu’à Toko Maja : un jeu de pose de brelans (3 cartes d’une même valeur) où il faudra être majoritaire sur le plus de numéros de brelans possibles (le plus de brelans de 1 rapportant plus que le plus de brelans de 5). A son tour de jeu on prend une carte d’une des 3 pioches de cartes visibles ou des deux piles (et pas une seule comme dans Toko Maja). Si une des deux pioches est épuisée, fin de partie !

Mais le twist, c’est que l’on joue plus ou moins pour sa couleur, soit le blanc, soit le noir.

On peut poser des brelans blancs, noirs ou mixés : si vous êtes blanc, les brelans noirs posés vous feront gagner double, mais perdre double si des cartes noires vous restent dans la main en fin de partie.

Si on a plus de brelans que son adversaire, on prend le jeton de majorité (comme dans Toko Maja) mais si les brelans sont mixés, pour savoir qui a la majorité, alors on compte les cartes à sa couleur.

Et en plus il y a des cartes spéciales que l’on peut tirer et jouer directement si on les prend des pioches visibles. Ce sont évidement des petits coups de

Pour conclure : les sensations de cette version duel sont bien meilleures que celle du jeu de base multijoueurs. Il y a une profondeur stratégique beaucoup plus intéressante que la version multijoueurs. Et des renversements de situation liés aux majorités changeantes bien sûr !

Surveillez sa sortie. Pour quand ? A suivre …

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