Auteur, carnet de bord #05 – Spécial PEL 

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Comme le temps file ! On est déjà mi-aout, et je n’ai pas encore raconté le festival de Paris est Ludique qui a eu lieu début juillet.

C’est important, les festivals. Pour un auteur, c’est l’occasion de taper une bise aux copains/copines, de garder un œil sur ce qui sort, de rencontrer son public, et surtout de voir les éditeurs face à face pour leur montrer ses travaux. Quelques dates majeures rythment l’année ludique, et PEL est l’une d’elle.

Auteur
Le PEL, son soleil, ses chapiteaux, ses monsieurs Patates… tout un monde.

Plan de bataille

Aucun auteur ne va en festival les mains dans les poches. La première étape est la prise de rendez-vous. Il s’agit de savoirs quels éditeurs pourraient être intéressés par mes prototypes et m’assurer qu’ils aient un moment pour y jeter un œil.

Ce coup-ci, c’était assez facile. Je n’avais que L’Or des Sirènes à montrer, cela faisait des mois que j’avais identifié trois éditeurs réputés pour ce genre de jeu et je leur avais déjà fait suivre des copies (voir épisode précédent). Il me suffisait de me rappeler à eux et de leur demander s’il était possible de se voir un moment pour discuter de ce qu’ils en avaient pensé.

Au début, la prise de contact avec un éditeur peut se faire via son site internet, où il y a souvent un petit formulaire à remplir pour solliciter un entretien sur tel ou tel salon. D’autres fois, il me faut demander à la ronde si quelqu’un a le mail de la personne qui va bien chez telle ou telle maison. Mais, au fur et à mesure que je fais mon trou dans le milieu, ce sont les éditeurs eux-mêmes qui se mettent à me contacter pour me demander si j’ai des nouveautés à montrer. Un quatrième rendez-vous est venu s’ajouter à la liste en réponse à ces sollicitations.

Et puis il y a les autres activités qu’offrent le salon. BLAM m’avait proposé deux séances de dédicaces de Caravanes. On a profité que toute l’équipe soit réunie pour se caler une heure de réunion sur Galilée. Idem, une heure de réunion avec la Boite de Jeu et Origames pour leur montrer les avancées de T-Rex. Et puis la SAJ avait prévu un atelier de négociation de contrats, et oups !… La moitié du week-end était déjà réservée.

Préparation

C’est la course, à chaque fois. C’est bien de prendre des rendez-vous, mais il faut assez de prototypes sous la main pour pouvoir les honorer tous. Des prototypes propres, à jour, en quantité suffisante pour pouvoir être distribués aux éditeurs qui le demandent.

Ce coup-ci, avec mes trois protos de L’Or des Sirènes déjà faits, plus un exemplaire de travail, je pensais que j’étais prêt. Bah non. Après un énième test de T-Rex, je me suis retrouvé à découper une mise-à-jour le matin avant de prendre le train, puis à préparer la réunion sur Galilée pendant le trajet. On ne se refait pas.

Dans les tranchées

C’était la FÊTE ! Après deux ans de fermeture sanitaire, ça m’a fait plaisir de voir tous ces sourires sans masque et ces gens qui jouaient au coude à coude. J’ai retrouvé des potes et rencontré des gens supers. Ca buvait des coups tout autours, tout le monde était surexcité.

D’habitude, je passe une part conséquente des festivals en rendez-vous sauvages, c’est-à-dire non planifiés à l’avance : je passe devant un stand auquel je n’avais pas pensé, jette un œil au type de jeux qu’ils font, et aborde un animateur en uniforme. « Bonjour, je suis auteur, je me demandais… Est-ce qu’il y a quelqu’un de l’édito ici ?… Ah, à 16h, très bien… Merci, à tout à l’heure !» On peut ainsi aligner une bonne dizaine de rencontres imprévues sur un week-end. Cette fois, limité par mon offre réduite et l’envie de ne pas éparpiller mes exemplaires, j’avais décidé de lever le pied, et n’en ait pris qu’un seul. Pourquoi cette exception ? Un copain montait sa boîte d’édition, je passais le voir par curiosité et j’ai fini par lui montrer ce qu’il y avait dans ma besace.

N’empêche qu’avec moins d’une heure de libre entre mes différentes obligations, ça ne me laissait pas beaucoup de temps pour me poser à une table. C’est malheureusement la règle : quand on vient sur un festival en tant qu’auteur, on ne joue (presque) pas. Ca me laissait le temps de bavarder.

J’ai eu l’heureuse surprise de rencontrer plusieurs personnes qui m’ont félicité pour le présent journal, qu’elles trouvaient intéressant et pédagogique. Ca m’a fait très plaisir, parce c’était la première fois que j’avais l’occasion de rencontrer des lecteurs et de discuter avec eux de ce qu’ils y trouvent.
J’en profite pour faire un appel du pied à vous qui lisez ces lignes : n’hésitez pas à me signaler les sujets qui vous intéressent plus particulièrement pour les prochains épisodes. Je suis là pour ça. 🙂

Et mes autres projets, dans tout ça ?

Cartaventura : Caravanes

J’avais raté la sortie officielle, et les séances de dédicaces organisées par BLAM étaient ma première occasion de faire la promotion du jeu et de rencontrer ses joueurs. C’était un peu étrange : je paraphais les boîtes que les visiteurs venaient d’acheter à la boutique du stand, mais auxquelles ils n’avaient pas encore joué. La plupart étaient attirés par leur enthousiasme pour les premiers épisodes de la série, auxquels je n’avais pas participé. Du coup on se retrouvait à échanger sur le travail de quelqu’un qui était finalement absent. C’était tout de même hyper motivant d’entendre de la bouche d’autant de gens différents comment ils s’étaient appropriés Cartaventura et la place que la gamme occupait dans leur quotidien, dans leur famille.

Ces dédicaces étaient surtout l’occasion de passer quelques heures assis à côté de Thomas Dupont (le concepteur du système Cartaventura) et Guillaume Bernon (l’illustrateur), dont j’avais pu admirer le travail pendant des mois de collaboration à distance, mais que je n’avais encore jamais rencontrés.

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Le travail d’équipe, vu par l’illustrateur.

Cartaventura : Galilée

La séance de travail, réunissant Simon (l’éditeur) et Thomas, visait à répondre aux inquiétudes de chacun. Dans la version de mars, la mécanique des correspondances ne les satisfaisait pas : trop foisonnante et peu claire à naviguer. J’ai élagué les embranchements en trop, proposant un contenu plus linéaire, distribué entre les différents actes de l’épisode et pointant vers les différentes fins possibles. Ca avait l’air de les rassurer.

Le calendrier de publication s’est précisé aussi. Deux autres épisodes de Cartaventura sont actuellement sur les rails, prêt à sortir en septembre 2022 et mars 2023. Galilée sortirait donc en septembre 2023. Dans ce but, il faudrait que je rende le scénario achevé d’ici la fin du mois de décembre, et mon manque d’avancée au printemps rendait Simon nerveux. Mais ça devrait bien se passer : une fois les recherches bibliographiques terminées, il me restera largement le temps d’écrire le scénario.

La bibliographie avance bien, d’ailleurs. D’ici le prochain numéro de ce journal, je devrais avoir repris le développement.

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Recherches en cours… Tout ça pour écrire 70 cartes, oui, oui !

L’Or des Sirènes 

Carton plein pour mon unique jeu en recherche d’éditeur à ce festival : on aime le dispositif attrayant, la simplicité des règles, la manipulation ludique et originale des objets dans le filet et sur la balance…

Sur cinq rendez-vous éditeurs, deux sont emballés et ont pris un exemplaire pour des tests plus poussés (réponse dans quelques mois…) ; un me l’a rendu accompagné de retours précieux et se déclarant très intéressé par la suite du projet ; un n’a toujours pas eu le temps d’y jouer mais garde son exemplaire ; et un dernier aurait bien voulu l’embarquer, mais je n’avais plus de copie à lui laisser. Je lui enverrais une version toute neuve dès que j’aurais fini d’expérimenter avec de nouvelles pistes.

Ce beau palmarès n’est pas seulement dû aux mérites du jeu (même si, en toute modestie, il tabasse). J’ai bien pu mesurer l’impact du trailer vidéo que je faisais suivre aux éditeurs au moment de prendre rendez-vous. Ils pouvaient ainsi décider à l’avance si le jeu était pour eux ou non. Ca m’a évité des entretiens perdus d’avance, et ceux qui m’ont reçu étaient déjà à moitié conquis.

T-Rex

C’était un peu un rendez-vous manqué pour T-Rex. Question de planning, question de covid, les personnes de la Boite de Jeu en charge du projet n’étaient pas au PEL. J’ai pu montrer le jeu à Rodolphe d’Origames ainsi qu’à un autre membre de la Boite de Jeu qui relaiera ses impressions à ses collègues.

Il est parfois fastidieux, voir décourageant, de travailler avec des équipes éditoriales lointaines et dispersées. Skype a ses limites. J’aurais aimé que ce festival soit l’occasion de réunir tous les acteurs autour d’une même table, qu’on joue ensemble et qu’on puisse discuter des directions futures. Ce sera pour une autre fois.

Suite à ce test je suis reparti à Lyon avec des avis certes, mais des avis fractionnés. J’ai corrigé les defauts évoqués et renvoyé une version. Compte tenu des vacances, je peux espérer des nouveaux retours en septembre.

Sierra

Pas d’avancée sur Sierra en juin-juillet. Mais quand même : un éditeur l’a aperçu dans l’épisode précédent de ce journal, et l’a trouvé suffisamment beau et intriguant pour m’en demander un Print-n-Play.

Plutôt prometteur, mais il est bien trop tôt pour ça. Le jeu a besoin d’être revu en profondeur et de tourner beaucoup plus avant que je ne puisse le soumettre à quelqu’un. Je l’ai remercié de son intérêt et lui ai promis la première version montrable.

Pole-Bound

Pas d’avancée sur ce projet.

Tromelin

Pas d’avancée sur ce projet.

L’après-PEL est une période creuse. C’est la période où la moitié du monde ludique par au FLIP de Parthenay, puis en congés. La tentation est grande de décrocher pour profiter de l’été, mais je trouve ça difficile. Tous les retours reçus au cours du festival me tournent dans la tête, et je veux y trouver une réponse avant le prochain grand rendez-vous. Ce sera le salon des jeux de Vichy, à la mi-septembre. Il s’agit d’être prêt.

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