[Festival] Retour sur le festival de Vichy 2025


Depuis plus d’un siècle, Vichy n’est pas qu’une ville d’eaux et de thermes. C’est un lieu où la culture, la détente et le jeu se croisent naturellement. Le Festival des Jeux de Vichy, héritier de cette tradition, est devenu un rendez-vous majeur du monde ludique français. Chaque septembre, il transforme la ville en carrefour du jeu de société : éditeurs, distributeurs, auteurs, boutiques, mais aussi passionnés et curieux s’y retrouvent pour échanger, tester, découvrir et préparer la saison à venir.


Un festival à taille humaine mais au rayonnement grandissant
L’événement se déploie sur plus de 6 000 m² au Palais des Congrès – Opéra de Vichy, entre salons pro, zones grand public et espaces extérieurs. Plus de 1 700 professionnels et près de 10 000 visiteurs s’y croisent sur trois jours, portés par une ambiance à la fois studieuse et détendue.
Cette édition 2025 réunissait 138 éditeurs, 12 tournois, des jeux géants, une zone jeu de rôle, une ludothèque petite enfance, et des box thématiques immersives. Le tout dans une atmosphère conviviale, où les rencontres se font aussi bien entre deux stands qu’autour d’un café.
Un double visage : Vichy Pro et le Festival Grand Public
Le festival se divise en deux volets :
- Vichy Pro, trois jours exclusivement dédiés aux professionnels du secteur, moment clé de la rentrée ludique pour découvrir les nouveautés, former les équipes, signer des partenariats et préparer la fin d’année.
- Le Festival Grand Public, ouvert à tous dans une ambiance immersive, où l’on peut tester des centaines de jeux, rencontrer les auteurs, participer à des tournois ou simplement s’amuser en famille.
Ma première venue à Vichy Pro
Pour moi, c’était une première. Une découverte totale, dans une ambiance à la fois pro et chaleureuse.
J’y suis resté un jour et demi à peine, le temps de faire le plein de rencontres, d’essayer quelques pépites, et de prendre la température du salon.
Malheureusement, la route du retour m’a réservé une surprise : voiture en rade sur l’autoroute, retour en taxi… et un article qui a pris un peu de retard à cause de ça. Depuis, je roule en voiture électrique, histoire de tourner la page, et d’être un peu plus écolo pour la prochaine édition. ( je pense quand meme venir en train, histoire d’assurer le coup!)
Premier jour pour moi au salon du jeu de Vichy Pro !
Première fois aussi… Des rencontres à la pelle, des jeux parfois insolites, des rééditions qui rappellent de bons souvenirs… et bien sûr les copains qu’on croise toujours avec plaisir.
Snorkeling – Haumea Games
Un petit jeu de cartes fun où on plonge pour admirer coraux, tortues et poissons-lanternes… sauf que les autres veulent vous faire remonter à la surface pour profiter seuls du spectacle !




Flesh and Blood – Legend Story Studios
Le TCG Heroic Fantasy qui monte. Choisissez votre héros, construisez votre deck, et en avant pour des affrontements nerveux. Ninja, brute, mage… chaque classe a son style de baston et son tempo.




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Naishi – Extension Légendes et Voyageurs
Cette extension apporte de nouvelles façons de scorer et de pimenter la partie avec des voyageurs qui chamboulent le terrain. Pile ce qu’il faut pour redécouvrir le jeu et prolonger son intérêt.



Expérience de magie atypique – Le Mage de Nefertiti (Magie Story)
J’ai aussi croisé un truc un peu hors-cadre : ce coffret “Le Mage de Nefertiti”. Une sorte de jeu/spectacle de magie dès 8 ans où tu deviens le mage de la reine d’Egypte, et tu te prépares à un spectacle de 5 à 10 minutes à faire devant ton public.
Le coffret contient tout le matériel, des vidéos d’explication, et même une affiche format A3 pour annoncer ton show.
Ce qui m’a parlé : ce mélange jeu + performance, ça change de l’essai standard. Plutôt que “juste un jeu”, c’est une expérience à vivre, à montrer, à partager. Et dans le salon, ça se démarquait, un peu décalé mais pile ce qu’il faut pour une visite qui sort des cases.
Si tu aimes quand le jeu s’étend au-delà de la table, ça vaut le coup d’œil.

Compile – Quand les IA apprennent à penser
Autre découverte du salon : Compile, un jeu de cartes hybride entre deckbuilding, gestion de main et tableau building.
Deux joueurs y incarnent des intelligences artificielles concurrentes qui cherchent à comprendre le monde à travers des concepts abstraits, l’Obscurité, l’Eau, la Vie, le Vide… Chacun choisit trois protocoles à compiler, et doit jouer ses cartes dans les bonnes “lignes de commande” pour atteindre le seuil de compréhension avant son adversaire.
Ce qui rend le jeu intéressant, c’est sa tension permanente : faut-il optimiser ses propres protocoles ou saboter ceux de l’autre ? Les cartes servent autant à progresser qu’à interférer, et chaque choix fait avancer la “compilation” globale.
Le premier à compiler ses trois protocoles remporte la partie et impose sa vision du monde numérique.
Pour compiler un protocole, il faut que la valeur totale des cartes jouées dans une ligne commune atteigne au moins dix, et soit supérieure à celle de l’adversaire.
Un jeu conceptuel, nerveux, et bien plus malin qu’il n’y paraît.


Ultimediation – Et si sauver la Terre passait par le dialogue ?
On nous a aussi présenté Ultimediation, et franchement… on ne sait pas encore trop quoi en penser. Le pitch est ambitieux : la Terre est au bord de l’effondrement, ravagée par une guerre mondiale.
Nous incarnons une équipe composée des meilleurs médiateurs humains épaulés par trois extraterrestres venus d’une civilisation plus avancée. Ensemble, on revient sur Terre non pas pour combattre, mais pour restaurer la paix.
Le jeu nous met face à des dilemmes moraux : faut-il évacuer, négocier, intervenir ? On doit révéler les besoins humains cachés derrière les conflits et tenter d’instaurer une paix durable avant qu’il ne soit trop tard.
C’est intrigant, un peu perché, et clairement atypique. On n’a pas encore d’avis tranché, il faudra tester pour voir si le concept tient la route, mais l’intention est forte et audacieuse. À suivre de près.









Diktat – Intrigues et luttes d’influence à Prague
Autre présentation marquante : Diktat, un jeu de stratégie et de négociation qui nous plonge dans une Prague en pleine lutte de pouvoir. Chaque joueur incarne une faction bien distincte, avec ses propres capacités et objectifs, et tente de prendre le contrôle de la ville.
Le cœur du jeu repose sur un système malin de placement secret de jetons agents dans les différents quartiers. On peut espionner, assassiner, négocier ou trahir… tout est permis pour s’imposer. Les factions sont hautement asymétriques et évoluent grâce aux points de pouvoir, qui servent à développer leurs capacités spéciales.
La saveur du jeu, c’est la discussion : tout peut se marchander, se promettre, s’échanger. Alliances temporaires, trahisons de dernière minute, bluff permanent, Diktat semble taillé pour les joueurs qui aiment la politique de table, les regards en coin et les pactes fragiles.
Un titre prometteur à surveiller, surtout si le système de négociation tient ses promesses.


Mage Noir – L’alchimie du duel magique
Autre belle rencontre du salon : l’auteur de Mage Noir ma présenté sa boîte et nous avons échanger autour de son jeu.
Mage Noir, c’est un jeu de cartes compétitif et stratégique où deux mages s’affrontent à coups de sorts, d’éléments et de combinaisons de pouvoirs. Feu, air, eau, terre… tout y passe, et chaque duel devient une démonstration de maîtrise et d’anticipation.
Le système repose sur deux idées fortes :
Une gestion de mana partagée, où chaque point dépensé par un joueur devient disponible pour l’autre. Résultat : le rythme est soutenu, les parties montent vite en puissance, et chaque sort lancé peut autant aider que mettre en danger.
Un système de craft de sorts : on combine des cartes pour en créer de nouvelles, plus puissantes. Un vrai choix permanent entre effet immédiat ou combo futur.
Ajoute à ça un statut de Mage Noir à double tranchant, et une liberté totale de construction de deck, et tu obtiens un jeu aussi accessible que profond. Facile à prendre en main, mais plein de subtilités à explorer.
Une présentation passionnée, et un jeu qui semble avoir encore beaucoup de potentiel à révéler.




Clear 4 – Du speed, du chaos et du fun pur
J’ai aussi eu l’occasion de jouer à Clear 4, un jeu de cartes ultra-nerveux où le but est simple : vider ses 20 cartes avant tout le monde. Facile à dire, beaucoup moins à faire.
Chaque joueur construit ses quatre piles de départ sans regarder ses cartes, puis doit jongler entre sa main, ses cartes visibles et la défausse commune. Les valeurs se superposent, les coups s’enchaînent vite, et tout repose sur le bon timing.
Les cartes spéciales PUSH et CLEAR viennent mettre le feu : la première permet de refiler la défausse entière à un autre joueur (bonne ambiance !), et la seconde efface tout le paquet pour relancer la partie.
Le concept paraît simple, mais c’est franchement addictif : un mélange de rapidité, de prise de risque et de chaos contrôlé. On retrouve ce petit goût de “juste une revanche” à chaque manche, et l’envie d’y revenir encore et encore.
Un vrai bon jeu d’ambiance, malin et rythmé, à sortir aussi bien entre potes qu’en famille.

Deuxième journée au salon du jeu de Vichy Pro !
Encore plein de découvertes… et une fin un peu mouvementée (panne sur l’autoroute, mais tout va bien, je suis rentré ).
Pendant ce temps, Vincent continuait de couvrir le festival pour Undécent !
Gardlings – Schmidt
Un vrai coup de cœur : on construit son jardin en piochant des tuiles dans son sac, mais attention aux gnomes voleurs de gemmes ! Chaque tuile apporte créatures et pouvoirs spéciaux, rendant le puzzle de plus en plus riche et tordu.
Le but ? Être le premier à réunir assez de pierres précieuses pour choper la tuile de victoire. Simple, malin, addictif.

Mayor of Chicago – InPatience Games
Un jeu solo tendu et stratégique : on est en pleine campagne électorale, et il faut jongler entre argent, popularité et influence pour espérer devenir maire.
Un vrai jeu de gestion et de placement de cartes, où chaque décision compte.

Une fin un peu abrupte, mais un rendez-vous déjà pris
Cette première expérience à Vichy Pro s’est terminée un peu plus tôt que prévu. Une panne mécanique, un taxi improvisé, et me voilà rentré plus vite que prévu, les sacs remplis de jeux et la tête encore là-bas. Un goût d’inachevé, forcément, mais aussi une envie encore plus forte d’y retourner.
Car au-delà des galères, ce salon respire la passion. On y parle jeu du matin au soir, on croise des visages connus, on découvre des protos prometteurs, et surtout, on sent que tout le monde rame dans le même sens : faire grandir la scène ludique française.
Alors oui, cette édition 2025 aura été courte pour moi, mais riche, intense et inspirante. Et si la voiture a rendu l’âme, l’envie, elle, est intacte. Rendez-vous pris pour Vichy Pro 2026, cette fois avec la batterie pleine, au sens propre comme au figuré.






















